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Paroles de femmes en résistance face à l’extractivisme dans les Amériques

MM

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Marie-Eve Marleau : Comité pour les droits humains en Amérique latine

Résumé de la communication

Au cours de la dernière décennie, les projets extractifs se sont multipliés de façon exponentielle en Amérique latine, créant des dommages irréversibles à l’environnement et aux communautés. Ils ont des impacts spécifiques sur les femmes, en raison des inégalités structurelles déjà existantes, se traduisant notamment par une hausse des inégalités socio-économiques et des violences envers les femmes ainsi que par des impacts spécifiques sur la santé, sur leur mode de vie, leur charge de travail, etc. Ce sont elles qui se retrouvent souvent aux premiers plans des luttes pour protéger les populations et les territoires sur lesquels elles vivent et elles sont fréquemment criminalisées par l’État et d’autres acteurs privés. Dans cette présentation, il sera question de ces processus de résistance des femmes, notamment autochtones, paysannes, défenseures de la vie et du territoire, qui luttent contre les activités d’entreprises extractives qui détruisent la nature et les cultures ancestrales. Malgré la violence exercée contre les femmes par l’industrie extractive dans les territoires, elles continuent d’être les protagonistes de la résistance en jouant un rôle fondamental dans l’organisation et la mobilisation des communautés pour la défense des droits collectifs.

Résumé du colloque

Depuis les années 1980, le secteur extractif connaît un boom sans précédent à l’échelle mondiale. Les exploitations minières, agro-industrielles, d’hydrocarbures, et d’hydroélectricité ne cessent de se multiplier, malgré les résistances qu’elles provoquent. Le modèle extractiviste a renouvelé les formes de dépendance et de primarisation des économies, particulièrement en Amérique latine, en Afrique et en Asie-Pacifique, et traverse le spectre politique, faisant consensus dans les États tant néolibéraux que postnéolibéraux (Acosta, 2011; Gudynas, 2011; Svampa, 2013). Sous le mirage des retombées économiques, les États mettent en place des cadres législatifs, juridiques et des allègements fiscaux dont la balance surpasse pourtant les redevances perçues (Deneault, 2012, 2014).

Aujourd’hui, une partie de la recherche sur l’extractivisme continue d’évaluer les rapports de celui-ci à la croissance, à la dépendance économique et aux régimes patrimoniaux et rentiers. D’autres s’intéressent à la forte répression contre les opposant·e·s à l’extractivisme. L’exploitation des ressources étant justifiée au nom de l’« intérêt national », l’urgence et l’exceptionnalité sont invoquées pour défendre la prérogative étatique de disposer des ressources, criminalisant les luttes pour la défense du territoire. Surtout, nous nous interrogeons sur ces politiques dans le contexte où l’extractivisme au 21e siècle semble repousser toutes les frontières. La raréfaction des ressources pousse à l’exploitation de gisements non conventionnels dans des zones géographiques jusque-là hors de portée de l’expansion capitaliste. Même la transition énergétique, préconisée pour lutter contre le bouleversement du climat, entraîne une intensification de l’extraction minière par la valorisation de nouveaux métaux. Ce colloque vient s’intéresser à l’articulation des conflits sociaux créés par l’extractivisme contemporain et les réponses sociales, universitaires et militantes avancées face à ces problématiques.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 4 mai 2021

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