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Chantal Viscogliosi : Université de Sherbrooke
Le mieux-être est un défi pour les peuples autochtones, en partie parce que les services occidentaux n’adoptent pas une approche holistique. En dévaluant les connaissances traditionnelles, les valeurs et les croyances autochtones, ces services réduisent le pouvoir autochtone et affectent l’identité culturelle. Les aînés autochtones participent à la solidarité intergénérationnelle en transmettant les connaissances, les valeurs et la culture dans une approche holistique. Malgré l’acceptation généralisée de l’importance des contributions des aînés autochtones, une synthèse rigoureuse des connaissances n’a jamais été faite. Nous en présenterons les résultats.
La Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics (Commission Viens) lancée en décembre 2016 a remis son rapport au gouvernement du Québec en septembre 2019. Parmi les appels à l’action qu’on y trouve, plusieurs concernent la démarche de la sécurisation culturelle présentée comme un moyen de médiation entre, d’un côté, la société québécoise, et de l’autre, la population, les instances et les communautés autochtones. Cette démarche, élaborée au départ par les Maoris de la Nouvelle-Zélande et présentée un peu partout dans la communauté scientifique comme un outil de justice sociale, propose un réel changement de paradigme tant dans l’offre de services publics destinés aux populations autochtones que dans la rencontre entre les savoirs autochtones et les savoirs scientifiques sollicités pour la circonstance. Le présent colloque propose d’examiner cette démarche sous différents angles (santé, éducation, justice, employabilité, développement communautaire), d’en documenter les applications québécoises et canadiennes (le cas échéant) et d’en arriver à un premier portrait de ces différentes dimensions et perspectives. Quelle est la portée de cette démarche? De quelle manière peut-elle contribuer à transformer les relations entre les Québécois et Québécoises et les Autochtones et, dans la foulée, jouer un rôle déterminant dans la lutte aux inégalités sociales et à la discrimination? Comment se positionne présentement cette démarche dans les études décoloniales? Ces questions seront mises en débat entre des universitaires et des acteurs et intellectuels autochtones.
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