pen icon Colloque
quote

Perspectives d’élèves sur les espaces et les modèles de citoyenneté et de participation politique proposés à l’école secondaire au Québec entre 1956 et 1982

AL

Membre a labase

Andréanne Lebrun : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

Cette communication propose une incursion dans des écoles secondaires du Québec entre 1956 et 1982 (soit de la création du secondaire public à l’implantation des programmes par objectifs) afin de situer l’évolution des rapports École, Jeunes et Citoyenneté. Elle s’intéresse plus particulièrement aux points de vue des élèves qui, loin d’être passifs, s’inscrivent à leur façon dans la culture politique de leur époque en acceptant, contestant, négociant ou en se montrant indifférents aux modèles et espaces de citoyenneté proposés par l’institution scolaire. Leurs journaux étudiants ouvrent une fenêtre intéressante pour saisir leur expérience au sein de l’école et accéder à leur lecture de la société. Dans leurs pages, des élèves commentent notamment l’actualité, lancent des appels à la responsabilisation de leurs pairs, demandent plus de pouvoirs et de libertés à la direction, critiquent leur conseil étudiant ou encore, célèbrent leurs coups d’éclat lors de manifestations. Si l’on peut questionner leur représentativité par rapport à l’ensemble de leur groupe d’âge, considérer leurs perspectives nous apparaît d’un grand intérêt afin d’appréhender les enjeux relatifs à la formation citoyenne dans leur complexité. Les vives réactions que suscitent leurs prises de parole et d’action citoyenne témoignent d’ailleurs de la tension entre la volonté affirmée de politiser la future génération de citoyens et le désir de tenir les mineurs éloignés de la politique.

Résumé du colloque

Un survol des 240 000 textes recensés sur le Web contenant le syntagme « crise de la citoyenneté » laisse entendre l’existence d’une crise des identités territoriales, républicaines et nationales, de représentation, des institutions publiques et du politique qui aliénerait au lieu de rassembler. Les jeunes et leur apathie ou cynisme politique supposé (en raison d’une faible adhésion aux structures politiques traditionnelles) seraient parmi les premiers responsables. Leur formation citoyenne serait déficitaire, ce qui se traduit dans le discours public par un appel « aux autorités publiques pour contrôler une jeunesse qui causerait des problèmes et serait menaçante » (Demers et coll., 2017). Considérant que « le registre de la citoyenneté constitue un des systèmes de représentation des problèmes et des solutions construits par les différents acteurs pour intervenir auprès des enfants, des adolescents et des jeunes » (Becquet, 2018, p. 15), on peut se demander quelle citoyenneté est proposée aux jeunes. Et de fait, quels normes et comportements supposément citoyens leur feraient défaut?

Alors que les programmes d’éducation à la citoyenneté définissent celle-ci par des injonctions consistant à s’identifier comme membre moralement engagé envers sa communauté, à connaître le cadre juridico-légal de sa citoyenneté et à participer aux institutions publiques au sein de ce cadre (Demers et coll., 2017), les réponses des jeunes aux enquêtes portant sur leurs conceptions de la citoyenneté (Lane et Barnett, 2011; Shulz et coll., 2009) placent ces injonctions en rupture avec les représentations qu’ils en ont et les pratiques qu’ils y accolent. D’autres recherches font état d’une mutation dans leur conception de la citoyenneté, des rapports aux institutions publiques et des pratiques citoyennes (Robert-Mazaye et coll., 2016). Dans ces conditions, comment les jeunes arrivent-ils à ces définitions, et par quelles expériences? Quelles actions y associent-ils?

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 4 mai 2021

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :