pen icon Colloque
quote

Philosophie en débats à l’école primaire

BB

Membre a labase

Bettina Berton : Université de Lille

Résumé de la communication

L’école primaire voit se développer, depuis une trentaine d’années en France, des pratiques orales dites philosophiques. Ces pratiques sont parfois identifiées comme une innovation par l’institution scolaire et aussi par des chercheurs, qui insistent par ailleurs sur la dimension de leur rupture avec l’enseignement de la philosophie en Terminale, tandis que leurs détracteurs insistent sur leur absence de légitimité : légitimité en termes d’âge, de capacités de jeunes élèves, de culture acquise, légitimité philosophique. Le fait est que ces pratiques entrent à l’école, en l’absence d’une discipline scolaire philosophie constituée pour l’école primaire et de programmes officiels, qui, pour ces derniers, leur conféreraient une légalité institutionnelle. Une question est alors de déterminer à quoi elles puisent leur identité et comment elles la construisent. La construisent-elles en appui à une discipline philosophie, entendue comme discipline savante ? Les diverses modélisations de la philosophie avec les enfants proposent-elles une définition et une mise en œuvre de manières de parler-penser spécifiques proprement philosophiques ou bien prennent-elles le risque d’être aussi aveugles et sourdes que la philosophie, en dérogeant à l’entreprise de la fabrication d’un enseignable, une nécessité à l’âge de la formation ?

Résumé du colloque

Afin de faire écho au thème du 88e congrès de l’Acfas, intitulé Du jamais su, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir aux invisibles et aux inaudibles de la philosophie. Bien que la philosophie se veuille une recherche de vérité, une quête de sagesse, on peut se questionner sur ses angles morts. Qu’est-ce qui est mis de côté dans cette quête, et pourquoi? Nous pouvons penser à la philosophie grecque qui s’échafaude sur un rejet de la mythologie afin de fonder un discours rationnel. À la philosophie médiévale, dans la lignée de l’héritage de la tradition chrétienne, qui a, de son côté, contribué à un rejet du corps et du monde ici-bas. À Kant, dans son geste de déconstruction de la métaphysique, qui a séparé ce qu’il était possible de penser de ce qu’il était possible de connaître. Ou plus près de nous, au tournant linguistique qui est venu remettre en question le langage même de la métaphysique en traquant les énoncés mal formés et sans signification réelle.

Chaque époque, chaque courant philosophique semble mettre de côté certains aspects ou certaines expériences afin de délimiter son objet de connaissance et les possibilités de connaître, reléguant ces éléments à l’invisibilité ou à l’inaudibilité. Certains de ces aspects semblent ensuite être « redécouverts » par les courants subséquents, ouvrant ainsi des débats dans l’histoire de la philosophie. S’intéresser aux invisibles et aux inaudibles pourrait se révéler une manière de penser à nouveaux frais l’histoire des débats philosophiques et la formation du canon en philosophie; une manière de réfléchir à ceux et celles qui font l’histoire et du même coup, à ceux et celles qui sont tombé.e.s dans l’oubli, aux voix marginalisées. Qu’est-ce qui se cache dans les marges de la philosophie? Y a-t-il du jamais su?

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 4 mai 2021

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :