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Isabelle Létourneau : Université de Sherbrooke
À ce jour, peu d’études de cas (Ouadahi et Guérin, 2007; Deschênes et Archambault, 2008) ont été réalisées sur des organisations mettant explicitement en œuvre un ensemble de pratiques de mobilisation des ressources humaines (Tremblay et Simard, 2005), lesquelles sont pourtant en lien avec des principes et questions centrales de responsabilité sociale des organisations (ISO 26000) ainsi que des principes et des enjeux de développement durable (BNQ 21000). Ce type d’étude offre des exemples concrets d’organisations où les pratiques de mobilisation sont devenues courantes et permet de comprendre les facteurs qui sous-tendent leur efficacité. La communication proposée présente le cas de Spektrum Media. Cette petite entreprise québécoise du domaine de la technologie se démarque par ses pratiques innovantes en gestion des ressources humaines (Therrien, 2015; Lord, 2017). L’étude de cas est fondée sur un entretien en profondeur avec les deux cofondateurs de l’organisation et des entretiens de groupe avec 15 employés, ce qui représente 75% du personnel. Les résultats démontrent l’importance de passer d’une approche transactionnelle à une approche relationnelle pour mobiliser durablement les parties prenantes internes à l’organisation.
D’aucuns suggèrent que nous vivons une crise multidimensionnelle, notamment écologique, sociale et institutionnelle. Si les entreprises privées sont parfois présentées comme des coupables, d’autres leur reconnaissent un rôle essentiel dans la résolution des enjeux sociaux et écologiques auxquels fait face le monde. Historiquement, c’est à travers le concept de responsabilité sociale des entreprises (RSE) que l’engagement des entreprises au développement durable a été conceptualisé. Essentiellement, la RSE appelle à revoir la conception traditionnelle des entreprises selon laquelle celles-ci sont uniquement économiques, pour en faire des acteurs de changement qui intègrent le développement durable dans leur mission, leurs pratiques et leurs décisions. Si la RSE était, au mieux, mentionnée dans quelques rapports annuels dans les années 1980, elle occupe aujourd’hui un rôle essentiel dans les objectifs stratégiques, les discours et les rapports annuels des entreprises.
Parallèlement à la démocratisation de la RSE se sont développées de nouvelles formes organisationnelles visant à créer de la richesse de manière plus durable et plus respectueuse de la société et de l’écologie : les coopératives, l’entrepreneuriat social, l’entrepreneuriat vert, les entreprises hybrides et les « B Corps » en sont de bons exemples. Ces organisations utilisent les mécanismes du marché pour résoudre des problèmes sociaux chroniques et contrer la dégradation de l’environnement, brouillant ainsi la frontière traditionnelle entre entreprise à profit et organisation à but non lucratif. Les organisations hybrides ne rejettent pas le profit ni la croissance; les profits sont le moyen par lequel elles peuvent accroître leur impact social et écologique. Cependant, ces nouvelles réalités posent d’importants défis stratégiques, notamment en matière de conciliation des logiques marchande et civique, et de gestion des tensions organisationnelles liées aux prises de décision quotidiennes lorsque les solutions semblent paradoxales.
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