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Sandra Salvoni : Université Laval
Les enjeux sanitaires et sociétaux actuels ont un impact sur la santé, tant physique que psychologique, et rendent particulièrement intéressante l’étude d’une forme de leadership favorisant la santé des employés ; soit le leadership serviteur. Les recherches existantes portant sur ce type de leadership ont permis d’établir un lien positif entre le leadership serviteur et la qualité de vie au travail des employés, notamment leur santé psychologique. En revanche, aucune recherche à ce jour ne s’est intéressée à la santé psychologique du leader serviteur lui-même. Je vous présenterai les résultats de cette recherche longitudinale menée auprès de 291 leaders, soit ; 1) l’effet de l’exercice du leadership serviteur sur sa propre santé psychologique, et 2) l’influence modératrice des variables organisationnelles sur cette relation. Les résultats confirment un lien positif entre l’exercice du leadership serviteur et la satisfaction au travail de ces leaders, et démontrent entre autres, contre toute attente, que les conflits de rôle ont une influence positive sur la satisfaction au travail et négative sur l’intention de quitter. Cette étude contribue à la pratique en misant sur le développement d’un leadership serviteur et d’une organisation bienveillante, en capitalisant sainement sur la capacité de ces leaders à gérer les conflits de rôle, tout en veillant à ne pas les surcharger. Ainsi, ils pourront pleinement accomplir leurs rôles de promoteurs de santé au sein des équipes.
Conjuguer santé et travail n’a jamais été aussi difficile. Les constants changements socioéconomiques, technologiques et organisationnels favorisent une intensification du travail et une amplification des attentes de performance et de productivité. Ces pressions ont un coût substantiel : une enquête du Conference Board of Canada (2017) rapporte que le stress au travail coûte au pays près de 50 milliards de dollars, dont 32,3 milliards sont liés à la dépression et 17,3 milliards sont liés à l’anxiété. La dépression est d’ailleurs reconnue par l’Organisation internationale du travail (2018) comme la première cause d’invalidité dans le monde.
En parallèle, les besoins de la population active en matière de santé et de qualité de vie au travail s’accroissent. La conciliation entre les attentes des organisations et les besoins des individus passe par le développement des connaissances en santé organisationnelle. Ce champ d’études est ancré dans une tradition multidisciplinaire (management, santé et sécurité du travail, relations industrielles, psychologie, ergonomie, santé publique, etc.) sous-tendant des enjeux multicausaux complexes (Dagenais-Desmarais et coll., 2013). L’effervescence actuelle des publications en santé organisationnelle peut s’expliquer par le fait qu’elle englobe plusieurs enjeux fondamentaux liés à la productivité des organisations, et cela, dans le respect des personnes qui y travaillent.
Malgré les avancées scientifiques et le développement de pratiques exemplaires dans le domaine, force est de constater que nous avons encore du chemin à parcourir pour que les organisations saines deviennent la norme dans notre société. Ce colloque a comme objectif de faire le point sur les derniers travaux en santé organisationnelle et de se concerter entre chercheurs, étudiants, décideurs et utilisateurs afin de valoriser le transfert de nos connaissances vers les milieux de travail.
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