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François Cooren : Université de Montréal
Une littérature foisonnante s’est développée autour des critères permettant de définir ce qu’est une organisation ou encore ce que sont des phénomènes organisés (Ahrne et Brunsson, 2011, 2019; Cnossen et Bencherki, 2019; Dobusch et Schoeneborn, 2015; McPhee et Zaug, 2000; Wilhoit et Kisselburgh, 2015). Malgré l’intérêt de cette littérature, celle-ci demeure axée sur une approche finalement peu dynamique du phénomène organisé. Autrement dit, on nous présente des attributs, comme la présence de membres, de règles ou de porte parole, mais on ne nous explique pas comment une forme organisée émerge, se développe et éventuellement s’éteint, ce qui nous apparaît comme étant au fondement même d’une réflexion sur le degré d’organisationnalité d’un groupe ou d’un collectif. En nous inspirant d’auteurs clés comme Weick (1979), Taylor et Van Every (2000) ainsi que Greimas (1983), nous proposons de répondre à cette lacune en explorant ce que nous appelons l’unité organisante de base, soit la forme minimale que doit prendre une séquence d’action pour prétendre à un degré d’organisationnalité. Ce faisant, nous montrons comment il est possible de rendre compte, d’une manière plus dynamique, des attributs identifiés par Ahrne et Brunsson (2011, 2019) ainsi que Dobusch et Schoeneborn (2015). Afin de mettre empiriquement à l’épreuve cette proposition, nous proposons, par ailleurs, d’analyser des épisodes interactionnels a priori non-organisationnels, soit des séances d’hypnose de rue.
La recherche sur la communication constitutive des organisations : quelles spécificités théoriques, méthodologiques et pratiques en marge des courants anglo-saxons?
Au cours des dernières années, plusieurs chercheurs et chercheuses en communication organisationnelle, avec parmi eux de nombreux Québécois et Français, ont proposé l’idée que la communication est constitutive des organisations (CCO), une perspective surtout portée par les textes anglo-saxons. Si le terme CCO a été consacré au tournant du siècle par des chercheurs américains, l’influence francophone des 20 dernières années, même plus, sur ce courant est indéniable. De fait, on peut faire remonter l’émergence de l’approche constitutive à l’ouvrage de 1988 de James R. Taylor, Une organisation n’est qu’un tissu de communications, et repérer l’influence de la philosophie et de la sociologie de langue française, notamment les écrits de Bruno Latour, la narratologie de Greimas et la philosophie de Derrida ou de Gilbert Simondon. En parallèle, en France, les « approches communicationnelles des organisations » (ACO) se sont développées pour comprendre l’organisation par la communication, en donnant un pouvoir explicatif « à la construction et au partage du sens, à l’interprétation, aux cadres de pensée et aux représentations » (Bouillon et al., 2007).
Alors que les approches constitutives s’institutionnalisent et sont de plus en plus reconnues, même au-delà des frontières de la communication organisationnelle, et que 20 ans ont passé depuis que le terme CCO a été proposé, il est temps d’explorer, voire de valoriser la spécificité de la recherche autre qu’anglophone dans le domaine.
Notre intention n’est pas ici de donner lieu à une confrontation ou d’opposer la production anglo-saxonne aux autres, mais bien d’en montrer les différences, les convergences, les chemins de traverse et les innovations, de façon à, in fine, enrichir le spectre des connaissances entourant les approches CCO.
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