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Profils de difficultés comportementales et sociales chez les garçons et les filles : Quel est le rôle du sentiment de compétence et d’appartenance pour leur engagement scolaire?

EO

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Elizabeth Olivier : Université de Montréal

Résumé de la communication

La Théorie de l’Autodétermination postule que les enfants sont en mesure de démontrer un bon engagement en classe lorsqu’ils sentent que leurs besoins de compétence et d’appartenance sont satisfaits. Or, les enfants aux prises avec des difficultés comportementales (extériorisées et intériorisées) et sociales (avec les pairs et les enseignants) ne sont potentiellement pas en mesure de ressentir que ces besoins sont satisfaits. Cette étude vise à déterminer si les enfants qui présentent un des cinq possibles profils de difficultés comportementales et sociales cooccurrentes rapportent des sentiment de compétence et d’appartenance moindres et, en retour, un plus faible engagement comportemental, affectif et cognitif. Des analyses de classes latentes et de cheminement réalisées avec un échantillon de 582 élèves de 5e et 6e année démontrent que, tant les filles que les garçons présentant l’un des profils de difficultés rapportent un plus faible sentiment d’appartenance ce qui entraîne, en retour, un plus faible engagement scolaire. Pour les filles uniquement présenter l’un des profils de difficultés est associé à un plus faible sentiment de compétence, entraînant un engagement affectif moindre. En somme, cette étude met en évidence que le sentiment d’appartenance est un déterminant clé de l’engagement de l’ensemble des élèves ayant des difficultés comportementales et sociales, alors que le sentiment de compétence moindre est un facteur de risque plus spécifique aux filles.

Résumé du colloque

Le milieu scolaire représente un vecteur de premier plan afin de promouvoir l’égalité scolaire et sociale entre les garçons et les filles. Alors qu’historiquement les initiatives éducatives ciblaient surtout les filles, les données plus récentes procurent un portrait plus complexe et nuancé. En effet, l’examen d’indicateurs relatifs à la réussite scolaire montre qu’à l’école primaire et secondaire, les filles réussissent mieux que les garçons dans la plupart des matières, y compris les disciplines traditionnellement associées aux hommes comme les mathématiques et les sciences (Voyer et Voyer, 2014). De plus, les filles sont environ deux fois plus nombreuses que les garçons à obtenir un diplôme de niveau secondaire (Lavoie et coll., 2019). Paradoxalement, même si les filles réussissent mieux à l’école primaire et secondaire, l’analyse des préférences et du choix de carrière des élèves montre qu’elles s’intéressent moins à certains domaines valorisés et lucratifs qui demeurent associés aux hommes, comme les professions scientifiques (Wang et Degol, 2017) et les postes de haute direction (Cook et Glass, 2014). Interprétées tantôt comme un « problème des garçons » à l’école (Royer, 2010; James, 2015), tantôt comme des inégalités qui persistent envers les filles (Wigfield et coll., 2015), ces données donnent lieu à des initiatives de toutes sortes, sans l’appui empirique nécessaire pour guider adéquatement les politiques et les interventions scolaires au-delà des arguments anecdotiques ou mal fondés. En réalité, notre compréhension de cette problématique complexe nécessite d’abord un portrait clair, et appuyé empiriquement, des différences de genre observées durant l’ensemble du parcours scolaire des élèves ainsi que des facteurs qui les sous-tendent.

Ce colloque a donc pour objectif de partager les connaissances les plus récentes en ce qui a trait aux différences de genre, du préscolaire à l’université, afin de mieux comprendre cette problématique en constante évolution. La journée se tient sous forme hybride, soit en présentiel et en ligne, et aborde plus en détail les perspectives comparatives des différences de genre à l’école de même que certains enjeux et problématiques touchant plus spécifiquement les filles ou les garçons. Des conférencières et des conférenciers présentent leurs résultats au cours d’une session d’affiches.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 4 mai 2021

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