Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Amandine Lebugle : Observatoire du Samusocial de Paris
Quinze ans après l’Enquête nationale sur les violences envers les femmes en France (Enveff), l’enquête Violences et rapports de genre, réalisée en 2015 par l’Institut national d’études démographiques (Ined), apporte des connaissances détaillées sur les violences de genre, tout particulièrement utiles dans le cadre des études, où les données sont manquantes. Et ce, d’autant que le dispositif de collecte aléatoire en population générale a été complété par des enquêtes par Internet auprès des étudiant.es de 4 universités en France. Après un exposé méthodologique sur les dispositifs d’enquête, seront présentés les principaux résultats: les types de violences subies selon le profil des étudiant.es et les conséquences. Enfin, il sera rappelé les données de VIRAGE en matière de violences sexuelles et sexistes subies dans un cadre professionnel. Il s’avère que, au-delà d’un outil de connaissance, les enquêtes s’avèrent un espace de dénonciation des violences.
Les violences sexuelles sont prévalentes auprès des populations universitaires en Amérique du Nord et en Europe, en plus d’être associées à des conséquences néfastes. L’enquête Sexualité, sécurité et interactions en milieu universitaire (ESSIMU) a permis d’établir un portrait des violences sexuelles (VS) se déroulant en contexte universitaire québécois en s’appuyant sur une définition large des différentes formes de VS, incluant notamment le harcèlement sexuel, les comportements sexuels non désirés et la coercition sexuelle. Sur les 9284 personnes ayant répondu au questionnaire en ligne, 36,9 % ont rapporté avoir subi au moins une forme de VS en milieu universitaire, depuis leur entrée à l’université, commise par une autre personne affiliée à cette université. Certains groupes sociaux sont davantage victimisés : les femmes (40,6 %), les étudiant.e.s de l’international (41,6 %) et les individus issus de minorités sexuelles (49,2 %) et de genre (55,7 %) (Bergeron et al., 2016). En France, en 2015, l’enquête Violences et rapports de genre (Virage) est réalisée avec le but de documenter les violences sexuelles subies par la population française au cours de leur vie. Dans le cadre de cette enquête, l’Institut national d’études démographiques (INED) lance une enquête complémentaire (Virage-Universités) pour comprendre l’ampleur des violences et des discriminations existantes en milieu universitaire. Sur les 6648 étudiant.e.s ayant répondu au questionnaire en ligne, un total de 1882 étudiant.e.s ont déclaré avoir subi au moins un fait de violence (psychologique, physique ou sexuelle) au cours des 12 mois précédant l’étude. L’enquête a aussi démontré que la nature des violences subies n’est pas la même selon le genre : les étudiantes sont plus touchées par des propos et attitudes à caractère sexuel, tandis que les étudiants mentionnent plus fréquemment des faits de violence psychologique (Lebugle et al., 2018).