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Marie-Pier Jolicoeur : Université Laval
L’usage récréatif excessif de la technologie par les enfants regrouperait deux familles de conséquences sur leur santé et leur développement physiologique, cognitif, affectif et psychologique. D’abord, les conséquences qui sont causées directement par l’utilisation des outils numériques (ex. problèmes posturaux ou attentionnels, troubles oculaires, etc.), et celles qui découlent de tout ce que l’enfant ne fait pas en raison des heures qu’il passe devant les écrans (ex. troubles du langage, sédentarité, obésité, etc.). Devant cet enjeu de santé publique, différentes stratégies peuvent être déployées. Notre regard de juriste sur le phénomène nous a rapidement amené́ à nous intéresser à deux acteurs de la société qui sont, selon nos notre hypothèse de départ, responsables en partie du problème, mais également potentiellement garants des solutions à mettre en œuvre pour le résoudre : l’État et les entreprises de l’industrie technologique. Plus spécifiquement, notre intérêt pour le sujet nous a conduit à questionner le rôle du droit pour répondre aux menaces soulevées par la technologie sur la santé et le développement de l’enfant, compromettant ainsi leurs droits protégés par la Convention sur les droits de l’enfant. Jusqu’à présent, différentes régions du monde ont fait intervenir le droit pour répondre cet enjeu de santé pour les générations futures, et notre communication permettra d’en faire une présentation sommaire.
Au Québec comme ailleurs, la culture numérique caractérise désormais notre quotidien, et marque particulièrement celui des enfants et des adolescents (Fluckiger, 2014). À la suite d’une enquête menée auprès de parents, il est estimé que les jeunes âgés de 12 ans et plus consomment en moyenne 7,47 heures par jour de contenu numérique (Rideout, 2015). Considérant la particularité de leur développement sur les plans socioaffectif et identitaire, la relation au numérique des enfants et des adolescents est vue comme une caractéristique sociale incontournable et un objet d’étude nécessaire.
La construction d’un portrait critique et nuancé de l’environnement numérique s’impose donc comme un enjeu de bien-être chez les enfants et les adolescents. Or, cette démarche fait face à des défis méthodologiques considérables (Collin, Guichon et Ntebutse, 2015). D’une part, l’omniprésence du numérique et l’évolution rapide de ses usages en font un objet d’étude difficile à saisir (Wilmer et coll., 2017). D’autre part, la grande diversité d’usages au sein même de la culture numérique est une composante peu explorée (Collin, 2017). Enfin, la pluralité des méthodes employées dans la production de connaissances, additionnée à un accès et à un usage inégalitaires du numérique dans la population, limite considérablement la portée des conclusions actuelles.
Enfin, à ces importantes limites à la connaissance se présente le défi de formuler des recommandations et des stratégies justes et balancées à l’égard du numérique. Cette problématique est d’autant plus saillante que le ministère de l’Éducation a lancé, cette année, le Cadre de référence sur la compétence numérique pour les élèves et les étudiants, répondant par ailleurs à la Stratégie de transformation numérique du Québec. Ainsi, alors que de nombreux acteurs sociaux tentent de mieux encadrer le numérique dans la vie des jeunes, la formulation d’un état des lieux critique et nuancé constitue une visée de plus en plus nécessaire.
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