Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Yoan Mieyaa : Université Toulouse-Jean-Jaurès
Actuellement les questions de citoyenneté et d’environnement se télescopent avec force au sein de nombreux mouvements sociaux à travers le monde. Ces mouvements, portés en grande partie par la jeunesse, nous amènent ainsi à considérer les alternatives citoyennes comme réponses collectives aux problématiques environnementales contemporaines. Afin de proposer des perspectives nouvelles, les études scientifiques se doivent de mieux comprendre ce qui caractérise une expérience écocitoyenne significative en s’appuyant sur ce qui constituent les ressorts de l’engagement.
Notre communication présentera les résultats préliminaires d’une étude portant sur le point de vue d’adolescents, au sujet de leurs expériences écocitoyennes, de leurs représentations de l’engagement citoyen et de leur motivation à agir. Croisant les perspectives de la psychologie du développement, des sciences de l’éducation et de la sociologie, notre objectif est de comprendre les ressorts du développement de l’agentivité citoyenne à l’adolescence, laquelle permet de se concevoir comme agent et sujet du changement et de s’engager dans la lutte pour la préservation de la planète.
Notre recherche s’appuie sur des données qualitatives issues de 6 focus-groupes d’adolescents. Les résultats permettront d’appréhender différents types d’expériences écocitoyennes, vécues au sein d’une variété de microsystèmes, et ce qui constitue des conditions facilitantes ou des obstacles à l’expression de leur engagement écocitoyen.
Un survol des 240 000 textes recensés sur le Web contenant le syntagme « crise de la citoyenneté » laisse entendre l’existence d’une crise des identités territoriales, républicaines et nationales, de représentation, des institutions publiques et du politique qui aliénerait au lieu de rassembler. Les jeunes et leur apathie ou cynisme politique supposé (en raison d’une faible adhésion aux structures politiques traditionnelles) seraient parmi les premiers responsables. Leur formation citoyenne serait déficitaire, ce qui se traduit dans le discours public par un appel « aux autorités publiques pour contrôler une jeunesse qui causerait des problèmes et serait menaçante » (Demers et coll., 2017). Considérant que « le registre de la citoyenneté constitue un des systèmes de représentation des problèmes et des solutions construits par les différents acteurs pour intervenir auprès des enfants, des adolescents et des jeunes » (Becquet, 2018, p. 15), on peut se demander quelle citoyenneté est proposée aux jeunes. Et de fait, quels normes et comportements supposément citoyens leur feraient défaut?
Alors que les programmes d’éducation à la citoyenneté définissent celle-ci par des injonctions consistant à s’identifier comme membre moralement engagé envers sa communauté, à connaître le cadre juridico-légal de sa citoyenneté et à participer aux institutions publiques au sein de ce cadre (Demers et coll., 2017), les réponses des jeunes aux enquêtes portant sur leurs conceptions de la citoyenneté (Lane et Barnett, 2011; Shulz et coll., 2009) placent ces injonctions en rupture avec les représentations qu’ils en ont et les pratiques qu’ils y accolent. D’autres recherches font état d’une mutation dans leur conception de la citoyenneté, des rapports aux institutions publiques et des pratiques citoyennes (Robert-Mazaye et coll., 2016). Dans ces conditions, comment les jeunes arrivent-ils à ces définitions, et par quelles expériences? Quelles actions y associent-ils?
Titre du colloque :