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Jean-David Perron : UQAM - Université du Québec à Montréal
La consommation massive de viande et l’élevage industriel sont pointés du doigt comme un contributeur grandissant aux changements climatiques et à la souffrance animale. La viande cultivée en laboratoire a la prétention de protéger les habitudes alimentaires carnivores, tout en ayant le potentiel de réduire les impacts environnementaux et sociaux associés à l’élevage. Cependant, cette technologie encore marginale est soumise à de nombreuses controverses pouvant affecter son acceptabilité aux yeux du auprès du public cible. Quatre facteurs ayant une incidence sur l’acceptabilité de la viande cultivée ont été analysés lors d’une incursion au sein de cette jeune industrie en développement de cette technologie alimentaire à savoir la réalisation des promesses environnementales ; les réticences face à l’artificialité de l’aliment ; la terminologie employée ainsi que la transparence. Il s’avère que l’incertitude entourant les promesses de la technologies ne sont que peu prisent en considération dans le développement de l’infrastructure financière nécessaire à la recherche et au développement du produit. La nature scientifique de cette nouvelle viande suscite également des enjeux de transparence quant à la propriété intellectuelle en alimentation, sur les intrants du produit et la communication à la population. Si la viande de synthèse est la viande de demain, est-ce une une bonne option pour faire face aux enjeux alimentaires contemporains ?
Comment s’assurer de bâtir des projets rassembleurs et porteurs de sens pour la majorité? Quels sont les tenants et aboutissants du concept d’acceptabilité sociale, aujourd’hui nécessaire à la réalisation des projets? Le cheminement des grands projets et des innovations doit aujourd’hui nécessairement passer le test de l’assentiment des citoyens pour assurer sa légitimité. Mais trouver un terrain d’entente entre des visions en apparence diamétralement opposées est loin d’être évident. Les enjeux sont multiples et les interlocuteurs pluriels. Les visions du progrès sont également multiples et divergent beaucoup entre ce qui est offert et ce qui est souhaité. De ce fait, les décideurs et les promoteurs de projets font de plus en plus face à des contestations organisées. Loin d’apaiser les tensions, tenter d’informer et de convaincre les protestataires du bien-fondé des projets n’est parfois plus suffisant pour garantir l’assentiment des populations, voire la réalisation de ceux-ci. Cependant, pour assurer la réalisation des projets, les controverses doivent être explicitées. C’est à travers le dialogue entre les groupes que des terrains d’entente deviennent possibles et permettent de bonifier des projets grâce à différents types d’expertises, à la fois formelles et informelles. Autrefois confiné aux sphères scientifiques et industrielles, le dialogue autour de ces enjeux s’élargit pour inclure plus d’acteurs, dont la population civile et les groupes concernés. L’expertise citoyenne se développe donc pour apporter une autre voix au cœur des débats entourant ces grands projets et l’innovation. À travers ce colloque, nous voulons mettre en lumière, d’une part, les trajectoires de l’acceptabilité sociale concernant les controverses sociotechniques, et d’autre part, les modalités du dialogue social entre les acteurs gravitant autour de ces mêmes projets.
Titre du colloque :