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Patti Ranahan : Université Concordia
Parmi les 24 076 enfants québécois pris en charge par la Direction de la Protection de la Jeunesse en 2019, 38% ont connu un placement à l’extérieur de leur famille (DPJ, 2019). Devant ces constats, des préoccupations croissantes émergent chez les professionnels quant aux problèmes de désengagement des parents de ces jeunes. Selon une récente méta-analyse, les interventions familiales auprès des enfants placés et leurs parents se montrent des plus efficaces pour améliorer l’engagement parental et favoriser la réunification familiale à la suite d’un placement (Maltais et al., 2019). Or, au Québec, l’intervention auprès d’enfants placés gagnerait à intégrer davantage les parents, surtout ceux d’adolescents. Connect© est un programme probant fondé sur l’attachement et destiné aux parents de jeunes (placés et non placés; 8-17 ans) aux prises avec des troubles de comportement et de santé mentale (Moretti et Obsuth, 2009). À l’aide d’approches expérientielles et psychoéducatives, le programme vise à 1) promouvoir la sensibilité et l’engagement du parent, 2) diminuer les troubles de comportement de l’enfant et 3) favoriser une relation parent-enfant sécurisante. Dans le cadre de cette présentation, nous mettrons en lumière les fondements conceptuels et empiriques du programme Connect© et sa pertinence pour soutenir la réunification familiale des jeunes placés. Cette présentation saura intéresser tant les professionnels œuvrant dans les milieux de la recherche que de la pratique.
Au Québec, en moyenne 289 situations d’enfants sont signalées quotidiennement à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ, 2019). Plusieurs mesures sont mises en place afin de prévenir le placement de ces enfants ou d’offrir du soutien aux familles dont un enfant a été placé. Or, plusieurs études ont montré que ces interventions ont un impact mitigé sur l’adaptation des jeunes et des familles (Balsells et al., 2018; van der Pol et al., 2017). Plusieurs études ont souligné la nécessité d’aller au-delà de l’évaluation « fonctionnelle » des habiletés parentales (p. ex., la discipline) et de s’attarder à des dimensions plus subjectives du rôle parental (Balsells et al., 2018; Schofield et al., 2011). En ce sens, Kaur et al. (2015) suggèrent de considérer le concept de résilience dans l’explication du succès des interventions visant à prévenir le placement.
La résilience se définit comme la résistance d’un système à une perturbation pouvant menacer sa viabilité ou son développement (Rutter, 2006). Elle se définit également par une énergie motivationnelle qui puise ses sources dans la reconnaissance et l’actualisation des forces et des ressources des individus (Richardson, 2002). En regardant les familles du point de vue de la résilience, on se concentre aussi bien sur l’analyse des facteurs de risque que sur celle des facteurs de protection, en identifiant non seulement les déficits, mais aussi les capacités de la famille dans le but de les outiller à faire face à l’adversité (Balsells, 2007). Plusieurs facteurs et caractéristiques familiales favorisent la résilience des familles, notamment la cohésion, la communication, l’espoir et l’optimisme (Masten, 2018). De même, la qualité du fonctionnement familial et des pratiques éducatives joue un rôle déterminant dans la résilience des enfants à risque (Masten et Coatsworth, 1998). Il apparaît donc intéressant d’analyser les pratiques en protection de la jeunesse sous l’angle de la résilience des familles.
Ce colloque portant sur la résilience familiale fait suite au dépôt d’un projet visant à mettre en commun des résultats de recherche québécois et catalans dans le but d’identifier des pistes d’intervention à promouvoir pour soutenir les familles suivies en protection de la jeunesse. À travers les résultats d’études portant sur le placement des enfants et adolescents, le présent colloque vise à ouvrir la discussion sur l’importance du concept de résilience familiale dans la planification, la mise en œuvre et l’évaluation des interventions.
Les conférenciers invités mènent des projets de recherche en étroite collaboration avec des organisations dédiées à la jeunesse en difficulté. Cette proximité avec les milieux de la pratique alimentera les réflexions de l’ensemble du panel dans la définition de projets innovants et pertinents, sur le plan tant social que scientifique.
Titre du colloque :