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Samuel Charlebois : UQAM - Université du Québec à Montréal
L’élan de recherche contemporain relatif aux qualités environnementales et leurs effets sur le bien-être projette le milieu hospitalier dans un effort de transfiguration. Si l’OMS pose des cibles ambitieuses de production et de bonification d’espaces verts en milieu urbain, ces objectifs trouvent écho dans des considérations spécifiques aux établissements de santé. Ancrés dans la démarche du «Evidence Based Design», les espaces verts contribuant à l’humanisation du milieu hospitalier sont au coeur d’un cadre de recherche distinct: les jardins thérapeutiques (JT). En problématique, la densité urbaine et la saison hivernale sont des obstacles considérables à leur développement, appelant à de nouveaux principes d’aménagements. Afin de mettre en lumière des pratiques novatrices en réponse à ces enjeux, ce projet fait une analyse comparative de modèles d’intégration de JT au cadre architectural de cinq établissements de santé contemporains. Fondées sur les bases théoriques des jardins thérapeutiques et du design biophilique, ces analyses multiéchelles portent spécifiquement sur des critères de disponibilité, d’accessibilité, et de qualités environnementales. L’échantillon, établi en fonction du contexte urbain et de la multiplicité de principes d’intégration observables, s’articule sur les cas du Lurie’s Children Hospital à Chicago, du Massachusetts General Hospital à Boston, du Neuro à Montréal, et du Khoo Teck Puat et Ng Teng Fong Hospital à Singapour.
Apparue aux États-Unis dans les années 1980, l’éthique du care est une manière de penser la morale fondée sur le souci des autres (sollicitude) et l’acte de « prendre soin » (Brugère, 2011). Fondée sur un sentiment de responsabilité à l’égard d’autrui et de ses besoins, elle concerne les tâches de soin impliquées dans les diverses formes de vulnérabilité (soin parental, traitement de la dépendance, travail social). Formulant à l’égard de la relation marchande une critique similaire à celle de la théorie du don, l’éthique du care postule qu’il existe une qualité morale dans l’acte d’aider les autres. Un premier rapprochement entre cette logique du care et la logique du design peut être observé dans le travail de Victor et Sylvia Margolin (2001). Inspiré du travail social, le « design social » selon eux vise la satisfaction des besoins des populations vulnérables ou marginalisées, comme celles à faibles revenus ou ayant des besoins particuliers en raison de leur âge, de leur santé ou de leur handicap. Cette approche pose les premières conditions d’un rapprochement entre l’acte de design et l’acte de soin. Ce colloque souhaite explorer le potentiel de cette idée et faire la lumière sur la pertinence de la théorie du care pour les disciplines du design. Peut-on considérer l’éthique du soin comme un modèle général pour le design? Par exemple, peut-on considérer qu’un petit objet électroménager comme Tero, qui transforme les résidus alimentaires des ménages en un fertilisant prêt à l’emploi, est le résultat d’un acte de design qui prend soin de notre environnement? Qu’est-ce que cela signifie de « prendre soin par le design »? Quelles approches théoriques, conceptuelles, méthodologiques et pratiques les enjeux de soin appellent-ils en design? Le design doit-il se limiter à prendre soin? Peut-il soigner ou sauver le monde? Pour Papanek (1971), on sait que le design est l’un des pires maux de la planète. Comment faire la part du soin et des « effets indésirables »?
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