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Ainoa Mateos : Universitat de Barcelona
Les politiques actuelles en matière de protection de l'enfance préconisent de donner la parole aux enfants et aux adolescents et reconnaissent leur droit de participer aux questions qui les concernent, plus tôt dans les processus de protection de l'enfance (Fuentes-Peláez et al., 2013; Mitchell et al., 2010; Schnoor, 2013). Cependant, la réalité des pratiques dans les systèmes de protection montre généralement un manque d'attention à la voix des enfants dans la prise de décision (Goodyear, 2014 ; Mitchell et al., 2010 ; Mateos et al., 2017 ; Montserrat, 2014). Cette communication présente les données d'une recherche diagnostique sur les besoins des adolescents placés et dans un processus de réunification familiale. Pour ce faire, 17 entretiens semi-structurés avec des adolescents (12 à 20 ans ; 7 garçons et 10 filles) ont été analysés. L'analyse des résultats fait émerger certains aspects liés à la participation des adolescents au moment de la réunification familiale liés à la préparation du retour et des premiers jours à la maison. Dans les deux dimensions de l'analyse, l'attention est centrée sur les différences selon le genre. Il est nécessaire de mener des études dans une perspective de genre, non seulement entre les garçons et les filles dans le système de protection de l'enfance, mais en particulier sur les différences entre frères et sœurs concernant leur situation familiale.
Au Québec, en moyenne 289 situations d’enfants sont signalées quotidiennement à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ, 2019). Plusieurs mesures sont mises en place afin de prévenir le placement de ces enfants ou d’offrir du soutien aux familles dont un enfant a été placé. Or, plusieurs études ont montré que ces interventions ont un impact mitigé sur l’adaptation des jeunes et des familles (Balsells et al., 2018; van der Pol et al., 2017). Plusieurs études ont souligné la nécessité d’aller au-delà de l’évaluation « fonctionnelle » des habiletés parentales (p. ex., la discipline) et de s’attarder à des dimensions plus subjectives du rôle parental (Balsells et al., 2018; Schofield et al., 2011). En ce sens, Kaur et al. (2015) suggèrent de considérer le concept de résilience dans l’explication du succès des interventions visant à prévenir le placement.
La résilience se définit comme la résistance d’un système à une perturbation pouvant menacer sa viabilité ou son développement (Rutter, 2006). Elle se définit également par une énergie motivationnelle qui puise ses sources dans la reconnaissance et l’actualisation des forces et des ressources des individus (Richardson, 2002). En regardant les familles du point de vue de la résilience, on se concentre aussi bien sur l’analyse des facteurs de risque que sur celle des facteurs de protection, en identifiant non seulement les déficits, mais aussi les capacités de la famille dans le but de les outiller à faire face à l’adversité (Balsells, 2007). Plusieurs facteurs et caractéristiques familiales favorisent la résilience des familles, notamment la cohésion, la communication, l’espoir et l’optimisme (Masten, 2018). De même, la qualité du fonctionnement familial et des pratiques éducatives joue un rôle déterminant dans la résilience des enfants à risque (Masten et Coatsworth, 1998). Il apparaît donc intéressant d’analyser les pratiques en protection de la jeunesse sous l’angle de la résilience des familles.
Ce colloque portant sur la résilience familiale fait suite au dépôt d’un projet visant à mettre en commun des résultats de recherche québécois et catalans dans le but d’identifier des pistes d’intervention à promouvoir pour soutenir les familles suivies en protection de la jeunesse. À travers les résultats d’études portant sur le placement des enfants et adolescents, le présent colloque vise à ouvrir la discussion sur l’importance du concept de résilience familiale dans la planification, la mise en œuvre et l’évaluation des interventions.
Les conférenciers invités mènent des projets de recherche en étroite collaboration avec des organisations dédiées à la jeunesse en difficulté. Cette proximité avec les milieux de la pratique alimentera les réflexions de l’ensemble du panel dans la définition de projets innovants et pertinents, sur le plan tant social que scientifique.
Titre du colloque :