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Se construire comme citoyen dès l’enfance : Quelle contribution du « conseil d’élèves » au développement de l’agir et du sentiment d’être citoyen ?

MH

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Marie Huet-Gueye : Université Toulouse-Jean-Jaurès

Résumé de la communication

Dans quelle mesure le conseil d’élèves (CE) constitue-t-il une expérience de socialisation particulière, susceptible de contribuer de façon originale à la construction de l’enfant comme personne citoyenne ? Si, dans le cadre scolaire, l’éducation à la citoyenneté est souvent réduite à la connaissance du cadre juridico-légal, le dispositif CE offre un cadre de mise en acte de la citoyenneté permettant aux enfants de s’engager concrètement dans le collectif. Partant d’une conception de la socialisation plurielle, active, conflictuelle et prospective (Malrieu, 2003), nous appréhendons la construction de la personne à travers la relation dialectique entre deux activités psychologiques fondamentales : l’acculturation et la personnalisation.

Dans ce cadre, nous présenterons les résultats de l’analyse qualitative du discours de 24 élèves français scolarisés en école élémentaire (CM1 / 9-10 ans) à propos de leur expérience du CE. Il s’agit pour nous d’apprécier dans quelle mesure l’activité d’acculturation suscitée par l’expérience du CE contribue à l’élaboration d’un système de représentations, de valeurs et d’attitudes susceptible de contribuer de façon spécifique à la personnalisation de l’enfant, notamment par l’étayage d’un «moi citoyen», dans le présent et l’avenir.

Les résultats obtenus soulignent l’hétérogénéité des formes d’appropriation et de participation des enfants au dispositif, ainsi que des apports de ces expériences à la construction de leur rapport à la citoyenneté.

Résumé du colloque

Un survol des 240 000 textes recensés sur le Web contenant le syntagme « crise de la citoyenneté » laisse entendre l’existence d’une crise des identités territoriales, républicaines et nationales, de représentation, des institutions publiques et du politique qui aliénerait au lieu de rassembler. Les jeunes et leur apathie ou cynisme politique supposé (en raison d’une faible adhésion aux structures politiques traditionnelles) seraient parmi les premiers responsables. Leur formation citoyenne serait déficitaire, ce qui se traduit dans le discours public par un appel « aux autorités publiques pour contrôler une jeunesse qui causerait des problèmes et serait menaçante » (Demers et coll., 2017). Considérant que « le registre de la citoyenneté constitue un des systèmes de représentation des problèmes et des solutions construits par les différents acteurs pour intervenir auprès des enfants, des adolescents et des jeunes » (Becquet, 2018, p. 15), on peut se demander quelle citoyenneté est proposée aux jeunes. Et de fait, quels normes et comportements supposément citoyens leur feraient défaut?

Alors que les programmes d’éducation à la citoyenneté définissent celle-ci par des injonctions consistant à s’identifier comme membre moralement engagé envers sa communauté, à connaître le cadre juridico-légal de sa citoyenneté et à participer aux institutions publiques au sein de ce cadre (Demers et coll., 2017), les réponses des jeunes aux enquêtes portant sur leurs conceptions de la citoyenneté (Lane et Barnett, 2011; Shulz et coll., 2009) placent ces injonctions en rupture avec les représentations qu’ils en ont et les pratiques qu’ils y accolent. D’autres recherches font état d’une mutation dans leur conception de la citoyenneté, des rapports aux institutions publiques et des pratiques citoyennes (Robert-Mazaye et coll., 2016). Dans ces conditions, comment les jeunes arrivent-ils à ces définitions, et par quelles expériences? Quelles actions y associent-ils?

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 4 mai 2021

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