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Sens commun et philosophie québécoise : quelques considérations méthodologiques

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Claude Panaccio

Résumé de la communication

La philosophie produite au Québec avant 1960 peut-elle présenter aujourd'hui un intérêt proprement philosophique ? Et si oui, comment cela peut-il être mis en évidence ? Je discuterai ces questions à propos d'un exemple particulier, celui de la belle étude de Louise Marcil-Lacoste, « Sens commun et philosophie québécoise : trois exemples » (1976), que j'examinerai à partir de concepts et de thèses mis en place dans mon livre Récit et reconstruction (2019). J'insisterai surtout sur deux idées, dont je montrerai comment elles s'appliquent à l'exemple choisi. Premièrement, l'intérêt philosophique des textes du passé requiert que ces écrits fassent référence à des êtres réels qui intéressent encore la philosophie d'aujourd'hui. C'est la condition de coréférence. Deuxièmement, les phénomènes que les philosophes s'emploient à élucider sont souvent d'ordre logico-linguistique. C'est la thèse logico-linguistique en méta-philosophie. Je montrerai comment ces deux idées-clé aident à apprécier la portée philosophique du corpus étudié par Louise Marcil.

Résumé du colloque

Afin de faire écho au thème du 88e congrès de l’Acfas, intitulé Du jamais su, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir aux invisibles et aux inaudibles de la philosophie. Bien que la philosophie se veuille une recherche de vérité, une quête de sagesse, on peut se questionner sur ses angles morts. Qu’est-ce qui est mis de côté dans cette quête, et pourquoi? Nous pouvons penser à la philosophie grecque qui s’échafaude sur un rejet de la mythologie afin de fonder un discours rationnel. À la philosophie médiévale, dans la lignée de l’héritage de la tradition chrétienne, qui a, de son côté, contribué à un rejet du corps et du monde ici-bas. À Kant, dans son geste de déconstruction de la métaphysique, qui a séparé ce qu’il était possible de penser de ce qu’il était possible de connaître. Ou plus près de nous, au tournant linguistique qui est venu remettre en question le langage même de la métaphysique en traquant les énoncés mal formés et sans signification réelle.

Chaque époque, chaque courant philosophique semble mettre de côté certains aspects ou certaines expériences afin de délimiter son objet de connaissance et les possibilités de connaître, reléguant ces éléments à l’invisibilité ou à l’inaudibilité. Certains de ces aspects semblent ensuite être « redécouverts » par les courants subséquents, ouvrant ainsi des débats dans l’histoire de la philosophie. S’intéresser aux invisibles et aux inaudibles pourrait se révéler une manière de penser à nouveaux frais l’histoire des débats philosophiques et la formation du canon en philosophie; une manière de réfléchir à ceux et celles qui font l’histoire et du même coup, à ceux et celles qui sont tombé.e.s dans l’oubli, aux voix marginalisées. Qu’est-ce qui se cache dans les marges de la philosophie? Y a-t-il du jamais su?

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 4 mai 2021

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