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Dominique Dolisy : EHESS et AGROPARISTECH
Si nous écoutons certains propos émanant d'experts de la société civile, nous sommes enclins à croire qu'un accident nucléaire n'est finalement pas grand-chose et que les impacts sur l'environnement sont "négligeables". La confiance dans la technologie et dans les installations vieillissantes continue à se faire avec un chèque en blanc. Mais quelle est la réalité vécue des gens ? de l'état de nos milieux ? On sait que des habitants de Fukushima se sont équipés d'appareils de mesure.
L'homme ainsi équipé pourra-t-il répondre et s'adapter à une situation post-accidentelle ? Le projet français pluraliste OpenRadiation de recherche participative, né dans le contexte post-Fukushima, est la mesure de la radioactivité dans l'environnement, par les citoyens. Monter son propre boitier capteur, ou se le procurer prêt à l'emploi, enrichir des mesures de la radioactivité ambiante "ne va pas forcément de soi" a fait remarquer un partenaire du projet.
Nous voulons dans cette communication à partir de l'exemple de OpenRadiation mettre l'accent sur le fait que la radioactivité qui ne se voit pas, mais qui peut se rendre lisible à travers des objets plus ou moins connectés, est plus qu'un simple exercice lié à de la gestion de crise, et qu'elle ouvre la boite noire de la connaissance de notre milieu au sens mésologique, de manière non utilitariste, "sans quête d'application immédiate", mais sans naïveté, "capable de révéler nos modes de domination".
Le monitoring des dégradations de l’environnement dans nos sociétés connaît un tournant depuis une trentaine d’années avec la montée d’une expertise citoyenne. Dans le domaine de l’hydrologie, de la pollution de l’air ou encore de l’érosion de la biodiversité, on constate la réunion de conditions, sociales et techniques, pour que des citoyens s’engagent dans l’action militante par la collecte de données et le suivi cognitif de l’évolution de leur environnement.
Au congrès de l’Acfas 2017, un colloque sur les sciences à l’ère numérique avait réuni des travaux sur la question des sciences participatives dans le contexte de connaissance de la biodiversité. En avril 2018 à Paris, un autre colloque intitulé « Capteurs et sciences participatives » traitait plus particulièrement de la mesure citoyenne des pollutions. Le présent colloque vise, sous le terme générique de « monitoring citoyen », à développer les enjeux sociopolitiques et épistémiques communs à ces nouvelles formes d’implication populaire dans l’observation de la nature et dans le suivi des pollutions. Quels sont les effets de la participation élargie sur l’expertise? La pratique citoyenne répond-elle aux promesses de transparence et d’empowerment définies dans le cadre de la « société de la connaissance »?
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