Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Camélie Archontakis : Université de Montréal
Le décrochage scolaire est un enjeu de taille en raison de ses coûts individuels et sociaux. Des études récentes suggèrent que le décrochage résulte non seulement de l’exposition à des facteurs de risque à long terme, mais aussi de l’exposition proximale à des évènements de vie stressants. Le rôle précipitant apparent des stresseurs pourrait être encore plus marqué chez certains individus susceptibles de réagir fortement lorsqu’exposés, notamment ceux ayant un historique d’adversité familiale. Un processus de sensibilisation ferait en sorte que des évènements moins sévères peuvent être suffisants pour déclencher des difficultés d’adaptation. Cette étude vise à vérifier si un historique d’adversité à l’enfance exacerbe la relation entre le fait de vivre des stresseurs et le décrochage scolaire à l’adolescence, et ce, selon le genre. Des données recueillies dans le cadre d’un vaste projet de type longitudinal où 545 adolescents recrutés dans des écoles de milieux défavorisés à haut taux de décrochage ont été passés en entrevue sont utilisées. Suivant un devis à cas-témoins appariés, l’échantillon comprend un tiers de décrocheurs ayant récemment cessé leurs études, un tiers d’élèves avec un profil à risque ainsi qu’un tiers d’élèves présentant un risque moyen de décrocher. Il est important de déterminer si ce phénomène de sensibilisation s’applique aussi au décrochage scolaire, afin d’exercer dans le cas échéant une vigilance particulière auprès de ce sous-groupe de jeunes.
Le milieu scolaire représente un vecteur de premier plan afin de promouvoir l’égalité scolaire et sociale entre les garçons et les filles. Alors qu’historiquement les initiatives éducatives ciblaient surtout les filles, les données plus récentes procurent un portrait plus complexe et nuancé. En effet, l’examen d’indicateurs relatifs à la réussite scolaire montre qu’à l’école primaire et secondaire, les filles réussissent mieux que les garçons dans la plupart des matières, y compris les disciplines traditionnellement associées aux hommes comme les mathématiques et les sciences (Voyer et Voyer, 2014). De plus, les filles sont environ deux fois plus nombreuses que les garçons à obtenir un diplôme de niveau secondaire (Lavoie et coll., 2019). Paradoxalement, même si les filles réussissent mieux à l’école primaire et secondaire, l’analyse des préférences et du choix de carrière des élèves montre qu’elles s’intéressent moins à certains domaines valorisés et lucratifs qui demeurent associés aux hommes, comme les professions scientifiques (Wang et Degol, 2017) et les postes de haute direction (Cook et Glass, 2014). Interprétées tantôt comme un « problème des garçons » à l’école (Royer, 2010; James, 2015), tantôt comme des inégalités qui persistent envers les filles (Wigfield et coll., 2015), ces données donnent lieu à des initiatives de toutes sortes, sans l’appui empirique nécessaire pour guider adéquatement les politiques et les interventions scolaires au-delà des arguments anecdotiques ou mal fondés. En réalité, notre compréhension de cette problématique complexe nécessite d’abord un portrait clair, et appuyé empiriquement, des différences de genre observées durant l’ensemble du parcours scolaire des élèves ainsi que des facteurs qui les sous-tendent.
Ce colloque a donc pour objectif de partager les connaissances les plus récentes en ce qui a trait aux différences de genre, du préscolaire à l’université, afin de mieux comprendre cette problématique en constante évolution. La journée se tient sous forme hybride, soit en présentiel et en ligne, et aborde plus en détail les perspectives comparatives des différences de genre à l’école de même que certains enjeux et problématiques touchant plus spécifiquement les filles ou les garçons. Des conférencières et des conférenciers présentent leurs résultats au cours d’une session d’affiches.
Titre du colloque :