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Patrick Harrop : Université Laurentienne
La culture émergente de la fabrication collaborative (Maker Culture) a ouvert des pistes de questionnement assez complexes dans le domaine de l’architecture. Pour un domaine de pratique qui existe déjà depuis l’établissement des infrastructures urbaines et des communautaires, et qui englobe les enjeux de construction, de financement et de représentation politique, comparer et rendre mobilisable cette force sociale contemporaine dans une tradition est sujet de grandes réflexions.
Cette analyse est essentielle à faire, surtout à l’aube d’un changement profond stimulé par les attentes en innovation et en nouvelles technologies (CAD, CAM, CNC). Comment défaire et reconstruire les structures du bâtit en engageant ces questions contemporaines? Où trouver les ouvertures potentielles pour intégrer ces nouvelles tendances et interrogations dans un domaine avec un fort poids traditionnel ?
Dans le cadre de ce questionnement, l’école d’architecture McEwen, la seule nouvelle école d’architecture au Canada à ouvrir depuis 40 ans, aborde ces questions comme principes de base de son curriculum. L’architecture est faite au lieu de commander; la technologie (capteurs, microprocesseurs) est intégrée au lieu d’être ajoutée, et la pratique explore les plus récentes technologies industrielles aux côtés des traditions ancestrales des Premières Nations. Cette présentation examine la question des synthèses hybrides, sociale et matérielle dans la fabrication de l’architecture.
Face au bouleversement occasionné par le numérique dans les chaînes de valeur de l’écosystème culturel, on assiste à une reconfiguration du rôle des acteurs, à une remise en question des frontières entre les disciplines et à l’émergence de nouvelles pratiques de création et d’affaires (Poole et Le-Phat Ho, 2011; Janowska, 2011; Jones, 2011; Wade Morris, 2014; Benner et Waldfogel, 2016; Jeanpierre et Roueff, 2016). Ce colloque fait suite à une première rencontre intitulée L’« esprit entrepreneurial » artistique et culturel au Québec en dialogue avec les potentialités et les défis du numérique : approches empiriques des pratiques, ayant eu lieu à Gatineau dans le cadre du 87e Congrès de l’Acfas. Ce colloque a présenté des études de cas illustrant des pratiques entrepreneuriales numériques en culture.
Du point de vue entrepreneurial, la création est désormais objet de défis et d’occasions apportés par la dématérialisation, la diffusion en réseau, l’accessibilité à des publics disséminés partout sur la planète, l’utilisation d’outils de production abordables et faciles à obtenir par des amateurs, ou encore de nouvelles sources de financement collectif et institutionnel (Nousiainen, 2012; Lalonde, 2015; Wade Morris, 2014; Jeanpierre et Roueff, 2016). Cependant, la recherche sur la transformation des pratiques et des démarches de création, de même que sur les disciplines, les œuvres d’art et les objets culturels en lien avec l’« esprit entrepreneurial » en culture à l’ère numérique reste à approfondir (Lalonde, 2015; Chantepie et LeDiberder, 2010). Nous proposons de poursuivre la réflexion en mettant la création au centre de la recherche et d’envisager de façon prospective un écosystème [post]numérique en culture, c’est-à-dire là où les outils numériques sont intégrés aux pratiques de création de manière organique, de façon exclusive ou amalgamée, sans être l’objet d’une fascination particulière (Berry et Dieter, 2015). Comment les cultures numériques s’inscrivent-elles dans les pratiques artistiques et influencent-elles l’« esprit entrepreneurial »?
Dans le cadre de ce colloque, les démarches de recherche-action et de recherche-création approfondissent une série d’études de cas sur les pratiques entrepreneuriales en culture réalisées dans une approche qualitative classique.