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Louis-Michel Tremblay : Transfert Environnement et Société
Transfert Environnement et Société travaille sur des démarches d’acceptabilité sociale basées sur la participation citoyenne. L’expérience des dernières années démontrent effectivement que les mécanismes de participation publique peuvent être modulés pour bonifier les projets. Mais cela ne se produira que si les tensions, la méfiance et le climat de colère est apaisé, que ce soit entre les parties prenantes elles-mêmes ou avec l’initiateur de projets.La conférence amènera les participants à réfléchir aux questionnements suivants : La participation du public est-elle suffisante en elle-même comme outil d’aide à la décision pour les décideurs? La participation publique en amont de projets, par exemple sur des politiques ou législations, dédouane-t-elle les initiateurs de projets de consulter? La justification des projets est souvent remise en question lors de démarches de participation publique, est-ce que dès lors, peu importe les « modalités du dialogue », on s’écarte d’une acceptabilité sociale? Que fait-on avec les parties prenantes non-intéressées à un projet, c’est-à-dire celles qui ne veulent voir ce projet se concrétiser sous aucune condition ou celles à l’extérieur des mécanismes formels de participation? Est-ce que les meilleures conditions dialogiques identifiées par l’expérience des projets reliés au territoire peuvent s’appliquer de la même façon dans d’autres types de projets controversés? Peut-on et comment améliorer la culture de la participation publique ?
Comment s’assurer de bâtir des projets rassembleurs et porteurs de sens pour la majorité? Quels sont les tenants et aboutissants du concept d’acceptabilité sociale, aujourd’hui nécessaire à la réalisation des projets? Le cheminement des grands projets et des innovations doit aujourd’hui nécessairement passer le test de l’assentiment des citoyens pour assurer sa légitimité. Mais trouver un terrain d’entente entre des visions en apparence diamétralement opposées est loin d’être évident. Les enjeux sont multiples et les interlocuteurs pluriels. Les visions du progrès sont également multiples et divergent beaucoup entre ce qui est offert et ce qui est souhaité. De ce fait, les décideurs et les promoteurs de projets font de plus en plus face à des contestations organisées. Loin d’apaiser les tensions, tenter d’informer et de convaincre les protestataires du bien-fondé des projets n’est parfois plus suffisant pour garantir l’assentiment des populations, voire la réalisation de ceux-ci. Cependant, pour assurer la réalisation des projets, les controverses doivent être explicitées. C’est à travers le dialogue entre les groupes que des terrains d’entente deviennent possibles et permettent de bonifier des projets grâce à différents types d’expertises, à la fois formelles et informelles. Autrefois confiné aux sphères scientifiques et industrielles, le dialogue autour de ces enjeux s’élargit pour inclure plus d’acteurs, dont la population civile et les groupes concernés. L’expertise citoyenne se développe donc pour apporter une autre voix au cœur des débats entourant ces grands projets et l’innovation. À travers ce colloque, nous voulons mettre en lumière, d’une part, les trajectoires de l’acceptabilité sociale concernant les controverses sociotechniques, et d’autre part, les modalités du dialogue social entre les acteurs gravitant autour de ces mêmes projets.
Titre du colloque :