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Jean-Christophe Bélisle-Pipon : Simon Fraser University
Conjuguant éthique et esthétique au travers d’une exposition arts et sciences (Les nouveaux états d'être / The New states of Being, 27 septembre 2019 -10 janvier 2020, Centre d'exposition de l'Université de Montréal), le projet AIship est né de la volonté d’explorer les nuances et l’intérêt du public autour des dimensions émotionnelles et relationnelles inhérentes au développement et à l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le domaine de la santé.
Tout au long du processus de collaboration et de création entre nos 5 duos d’artistes et de chercheurs en bioéthique, des défis se sont posés; parmi ceux-ci, assurer la rencontre entre différentes expertises et postures. Figure également la difficulté de répondre à un objectif commun de sensibilisation du grand public sans minorer la qualité singulière de l’art et de la bioéthique ni aboutir à une uniformisation des propos, des langages et des approches artistiques et scientifiques.
Ainsi, comment assurer un dialogue fécond et créer un espace propice au mariage entre arts et sciences tout en préservant les identités, l’univers expressif et la temporalité de chaque discipline et acteur ? Comment éviter l’écueil de l’instrumentalisation qui consisterait à utiliser l’art pour expliquer la recherche ou à justifier l’approche artistique par la recherche ?
La réussite du maillage au cœur du truchement ne repose-t-elle pas sur un mariage sans… “trichement” ?
*Colloque aux modalités particulières. Inscrivez-vous à l’avance directement avec l’équipe organisatrice pour recevoir plus d’information sur le déroulement (recommandé). Lien d’inscription : bit.ly/3etohuI*
Après « La recherche hors-piste : oser la rupture » (Acfas, 2018), « Entreprise, université, société : la synergie des savoirs » (Ubisoft, 2018) et « L’université du 21e siècle : enjeux, défis et prospectives » (Acfas, 2019), ce nouveau colloque du scientifique en chef aborde de front la problématique fondamentale des « truchements indispensables » à une intersectorialité réussie.
À partir de la figure du « truchement » de la Nouvelle-France, le colloque explore les diverses pistes susceptibles de faciliter la collaboration entre disciplines scientifiques, proches ou éloignées, qui constituent l’intersectorialité. Celle-ci est de plus en plus exigée par les divers problèmes auxquels l’humanité d’aujourd’hui est confrontée : leur complexité exige la mobilisation de diverses disciplines et aussi une collaboration beaucoup plus organique.
Indépendamment de sa nécessité pour la résolution de problèmes, l’intersectorialité constitue, de l’avis de plusieurs, une des clés du développement futur de la science et plus globalement des savoirs, y compris les savoirs expérientiels. Dans cette autre fonction, nous postulons que l’intersectorialité amènera les chercheurs qui s’y livreront à inventer de nouvelles approches, de nouvelles théories et de nouvelles méthodologies permettant de voir ce qui reste encore invisible ou inconnu. Pour que cette nouvelle façon de faire donne ses meilleurs résultats, il sera nécessaire de mobiliser des « truchements », soit des personnes, soit des espaces où les diverses disciplines peuvent s’arrimer.
Ce colloque déjà annoncé pour 2020 proposait une vue panoramique du travail de collaboration intersectorielle de chercheurs de « disciplines scientifiques, proches ou éloignées » qui sont « à inventer de nouvelles approches » et qui mettent à profit leurs « savoirs expérientiels ». Or, voilà que la pandémie a exposé le monde entier à des bouleversements profonds. Au même moment où nous vivons une surcharge des temps et des modes d’échanges en ligne, nous vivons l’évolution fulgurante des moyens qu’ils offrent. Devant l’énormité des nouveaux défis qui se profilent, l’équipe organisatrice, avec le consentement et la participation de tous les intervenantes et intervenants, prend le risque de faire de ce colloque, dans sa version 2021, un essai, un atelier-laboratoire d’intersectorialité, de partage de connaissances, de truchements. Il s’agit aussi, pour les Fonds de recherche du Québec, de développer un outil de transformation des conventions qui balisent les communications scientifiques.
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