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Alan Cohen : Université de Sherbrooke
La structure et la dynamique du corps humain et sa réponse immunitaire sont typiques de celles des systèmes complexes. Le projet: «démystifier l'écosystème immunitaire afin de protéger la santé et l'environnement» que nous avons présenté avec succès au programme Audace 2019, fruit d'une collaboration originale entre un gériatre, un épidémiologiste et un écologiste, repose sur la théorie des «transitions critiques» développée d'abord pour identifier les signaux précurseurs de changement dans les écosystèmes avant d'être appliquée par la suite à divers problèmes de la nature et des sociétés. Adaptée ici à la dynamique des réseaux d'interactions elle nous a permis d'étudier la dégradation de la santé de patients en hémodialyse en identifiant des signaux précurseurs d'une augmentation du risque de mortalité pouvant aller jusqu'à 50 fois plus que celui de patients en bonne santé. La théorie développée pour ce projet pourrait avoir d'importantes retombées dans d'autres domaines comme l'économie, la science du climat, la sociologie, etc.
Nous formulerons quelques hypothèses sur les facteurs qui peuvent favoriser ce genre de recherche interdisciplinaire et collaborative dans un monde de la recherche qui s'avère de plus en plus structuré, encadré et spécialisé. Car un écosystème de recherche où puissent fleurir des fertilisations croisées, comme celle sur laquelle se fonde notre projet, nous semble pouvoir émerger de ces théories appliquées aux écosystèmes et au système immunitaire.
*Colloque aux modalités particulières. Inscrivez-vous à l’avance directement avec l’équipe organisatrice pour recevoir plus d’information sur le déroulement (recommandé). Lien d’inscription : bit.ly/3etohuI*
Après « La recherche hors-piste : oser la rupture » (Acfas, 2018), « Entreprise, université, société : la synergie des savoirs » (Ubisoft, 2018) et « L’université du 21e siècle : enjeux, défis et prospectives » (Acfas, 2019), ce nouveau colloque du scientifique en chef aborde de front la problématique fondamentale des « truchements indispensables » à une intersectorialité réussie.
À partir de la figure du « truchement » de la Nouvelle-France, le colloque explore les diverses pistes susceptibles de faciliter la collaboration entre disciplines scientifiques, proches ou éloignées, qui constituent l’intersectorialité. Celle-ci est de plus en plus exigée par les divers problèmes auxquels l’humanité d’aujourd’hui est confrontée : leur complexité exige la mobilisation de diverses disciplines et aussi une collaboration beaucoup plus organique.
Indépendamment de sa nécessité pour la résolution de problèmes, l’intersectorialité constitue, de l’avis de plusieurs, une des clés du développement futur de la science et plus globalement des savoirs, y compris les savoirs expérientiels. Dans cette autre fonction, nous postulons que l’intersectorialité amènera les chercheurs qui s’y livreront à inventer de nouvelles approches, de nouvelles théories et de nouvelles méthodologies permettant de voir ce qui reste encore invisible ou inconnu. Pour que cette nouvelle façon de faire donne ses meilleurs résultats, il sera nécessaire de mobiliser des « truchements », soit des personnes, soit des espaces où les diverses disciplines peuvent s’arrimer.
Ce colloque déjà annoncé pour 2020 proposait une vue panoramique du travail de collaboration intersectorielle de chercheurs de « disciplines scientifiques, proches ou éloignées » qui sont « à inventer de nouvelles approches » et qui mettent à profit leurs « savoirs expérientiels ». Or, voilà que la pandémie a exposé le monde entier à des bouleversements profonds. Au même moment où nous vivons une surcharge des temps et des modes d’échanges en ligne, nous vivons l’évolution fulgurante des moyens qu’ils offrent. Devant l’énormité des nouveaux défis qui se profilent, l’équipe organisatrice, avec le consentement et la participation de tous les intervenantes et intervenants, prend le risque de faire de ce colloque, dans sa version 2021, un essai, un atelier-laboratoire d’intersectorialité, de partage de connaissances, de truchements. Il s’agit aussi, pour les Fonds de recherche du Québec, de développer un outil de transformation des conventions qui balisent les communications scientifiques.
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