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UN CRIBLAGE GÉNOMIQUE RÉVÈLE UN RÔLE POUR CYCLINE D1 DANS LE CONTRÔLE DE LA RÉPARATION DES DOMMAGES UV PAR EXCISION DE NUCLÉOTIDES.

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François Bélanger : CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal

Résumé de la communication

Les rayons UV produisent des dimères de pyrimidines dans l’ADN et sont une cause majeure de cancers de la peau. La Réparation par Excision de Nucléotide (NER) est le seul mécanisme pouvant éliminer ces lésions dans les cellules humaines. Nous avons développé une méthode de cytométrie en flux permettant de mesurer l’excision des dommages UV et nous avons observé que plusieurs lignées de mélanomes humains sont déficientes pour la NER exclusivement durant la phase S. Cependant, les bases génétiques de ce défaut demeurent inconnues. Afin de découvrir de nouveaux gènes impliqués dans la NER nous avons produit une librairie de CRISPR/Cas9 dans des fibroblastes humains, puis isolé les mutants déficients pour la NER avec notre méthode de cytométrie. Nous avons identifié 5 nouveaux gènes affectant l’efficacité de NER spécifiquement en phase S, dont Dyrk1A qui est une kinase impliquée dans la prolifération cellulaire. Nos résultats montrent que le défaut de NER lors de la déplétion de Dyrk1A est dû à une augmentation des niveaux de cycline D1, qui est un oncogène fréquemment surexprimé dans plusieurs types de cancers, dont les mélanômes. Nous montrons que des niveaux de cyclin D1 élevés sont responsables du défaut de NER en phase S observé dans certaines lignées de mélanômes. Nos données suggèrent que cycline D1 empêche PCNA de participer efficacement à la NER durant la phase S. Cela représente un nouveau mécanisme par lequel cycline D1 pourrait promouvoir la formation de mélanômes

Résumé du colloque

Le cancer constitue la 1re cause de décès au Canada. La grande diversité à l’intérieur même des « types » de cancer est un obstacle au développement de thérapies efficaces. Malgré cette hétérogénéité, les cancers partagent des caractéristiques qui sous-tendent la malignité des tumeurs. Deux traits prévalents du cancer sont l’instabilité génomique et la reprogrammation transcriptionnelle.

Des mécanismes cellulaires complexes détectent et réparent les lésions dans l’ADN et préservent l’intégrité du génome. Il est bien établi que les cellules tumorales, malgré leur capacité de prolifération accrue, sont caractérisées par une instabilité génomique. Celle-ci résulte de défectuosités dans la signalisation et la réparation des dommages à l’ADN. Paradoxalement, l’instabilité génomique constitue un point faible des tumeurs exploité cliniquement par des traitements de chimiothérapie et de radiothérapie. Une compréhension moléculaire du maintien de la stabilité du génome est cruciale pour proposer de nouvelles pistes thérapeutiques centrées sur la modulation de la réponse aux dommages à l’ADN.

D’autre part, la réplication et la réparation de l’ADN ainsi que le contrôle de l’expression des gènes nécessitent une régulation très fine de la structure de la chromatine, l’assemblage hautement régulé de l’ADN avec les histones et d’autres facteurs accessoires. La dynamique chromatinienne est modulée par un système complexe impliqué dans toutes les transactions avec l’ADN. Ainsi, des changements dans les programmes d’expression génique, régulés par l’état de la chromatine, peuvent avoir une incidence majeure sur la transformation de cellules normales en cellules prolifératives et envahissantes.

Une caractérisation poussée de la régulation de la structure du génome, incluant l’action de facteurs épigénétiques agissant sur la chromatine, est essentielle pour améliorer notre compréhension des mécanismes moléculaires qui régissent l’oncogenèse. Cela est nécessaire pour établir de nouvelles thérapies contre le cancer.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 4 mai 2021

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