Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Jean-françois Biron : Agence de la santé et des services sociaux de Montréal
Les technologies de l’information et des communications (TIC) s’intègrent de manière grandissante dans divers aspects de la vie en société. Elles sont d’une part un moteur de changement social et, d’autre part, elles sont partie prenante du fonctionnement de l’activité humaine dans les secteurs de l’éducation, la santé, la culture, la politique et encore bien d’autres. Les TIC et le phénomène d’hyperconnectivité qui en résulte appellent ainsi à une diversité des angles par lesquels ils peuvent être étudiés. Afin de porter un regard spécifique aux enjeux de santé, la Direction régionale de santé publique de Montréal (DRSP-M) adopte une perspective large du phénomène de l’hyperconnectivité. Celle-ci s’inspire d’une approche sociologique de construction sociale des usages; une approche qui tient compte de l’appropriation et de l’inter-influence des acteurs sociaux dans le développement des technologies et des usages, voire des mœurs qui se développent entourant un objet. La DRSP-M met aussi à profit une approche basée sur les déterminants sociaux et environnementaux. Selon cette approche, le comportement des individus est influencé par des caractéristiques qui lui sont intrinsèques, d’autres liées au « produit » et enfin, d’autres liées à l’environnement social et physique. La présentation sera donc l’occasion d’introduire un modèle actuellement en élaboration sur l’hyperconnectivité à la DRSP-M et de discuter de ses apports potentiels pour aborder les enjeux de santé associés.
Au Québec comme ailleurs, la culture numérique caractérise désormais notre quotidien, et marque particulièrement celui des enfants et des adolescents (Fluckiger, 2014). À la suite d’une enquête menée auprès de parents, il est estimé que les jeunes âgés de 12 ans et plus consomment en moyenne 7,47 heures par jour de contenu numérique (Rideout, 2015). Considérant la particularité de leur développement sur les plans socioaffectif et identitaire, la relation au numérique des enfants et des adolescents est vue comme une caractéristique sociale incontournable et un objet d’étude nécessaire.
La construction d’un portrait critique et nuancé de l’environnement numérique s’impose donc comme un enjeu de bien-être chez les enfants et les adolescents. Or, cette démarche fait face à des défis méthodologiques considérables (Collin, Guichon et Ntebutse, 2015). D’une part, l’omniprésence du numérique et l’évolution rapide de ses usages en font un objet d’étude difficile à saisir (Wilmer et coll., 2017). D’autre part, la grande diversité d’usages au sein même de la culture numérique est une composante peu explorée (Collin, 2017). Enfin, la pluralité des méthodes employées dans la production de connaissances, additionnée à un accès et à un usage inégalitaires du numérique dans la population, limite considérablement la portée des conclusions actuelles.
Enfin, à ces importantes limites à la connaissance se présente le défi de formuler des recommandations et des stratégies justes et balancées à l’égard du numérique. Cette problématique est d’autant plus saillante que le ministère de l’Éducation a lancé, cette année, le Cadre de référence sur la compétence numérique pour les élèves et les étudiants, répondant par ailleurs à la Stratégie de transformation numérique du Québec. Ainsi, alors que de nombreux acteurs sociaux tentent de mieux encadrer le numérique dans la vie des jeunes, la formulation d’un état des lieux critique et nuancé constitue une visée de plus en plus nécessaire.
Titre du colloque :