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Annick Fagnant : Université de Liège
Dans le cadre du « Pacte pour un enseignement d’Excellence », la Belgique francophone connaît actuellement des réformes dont les ambitions sont notamment de réduire l’échec scolaire et de créer un tronc commun jusqu’à l’âge de 15 ans. Dans ce cadre, un référentiel balisant les apprentissages à réaliser durant les trois années du préscolaire a vu le jour pour la première fois. Ce référentiel a été approuvé par le gouvernement en été 2020 et les différents réseaux d’enseignement sont en train de créer leurs programmes en cohérence avec ce nouveau prescrit légal. Il tente de conjuguer une vision globale de l’enfant (prenant notamment en compte le développement de l’autonomie dans les registres affectifs, sociaux, psychomoteurs, cognitifs et langagiers) avec une définition précise des savoirs, savoir-faire et compétences propres aux différents domaines, ainsi que des « attendus » que devront maîtriser les élèves au terme de la 2e et de la 3e année du préscolaire.
La communication questionnera, sous trois angles, les enjeux auxquels auront à faire face les enseignants : (1) conjuguer une vision globale de l’enfant et un apparent morcellement des contenus à enseigner ; (2) concilier le respect des rythmes de chacun et la lutte contre l’échec scolaire avec un découpage annuel des « attendus » ; (3) développer des activités mathématiques structurées, mais aussi se saisir des moments de jeux libres pour promouvoir les apprentissage (Gasteiger, & Benz, 2018 ; Ginsburg, & Amit, 2008).
Aujourd’hui, il existe un engagement international accru en faveur de l’éducation à la petite enfance. Cependant, de nombreux pays sont confrontés à une tension entre vouloir scolariser les enfants de plus en plus tôt dans une perspective centrée sur les contenus afin de les préparer à l’école et celle d’adhérer à une philosophie centrée sur les besoins des enfants visant leur développement global (OCDE, 2007). C’est une tension que certains considèrent comme irréconciliable (Lee et Ginsburg, 2009), alors que dans les milieux il semble que les deux approches coexistent (Conseil supérieur de l’éducation, 2012).
Cela entraîne une incertitude sur la manière dont les mathématiques dans les institutions préscolaires devraient être abordées (Helenius et coll., 2016). Dans ce contexte, nous devons nous interroger sur le rôle de l’adulte pour l’engagement des enfants dans des activités mathématiques et dans le développement de leur pensée mathématique (Doverborg et Samuelsson, 2011). Si le rôle de l’adulte est crucial pour appuyer l’apprentissage des enfants, cet adulte est confronté à la difficulté de mettre en place des conditions propices à l’apprentissage des mathématiques et au développement global de l’enfant.
Puisque les points de vue sont divers et évolutifs, nous proposons une discussion élargie grâce à une collaboration interdisciplinaire et intersectorielle sur l’apprentissage des mathématiques au préscolaire. En quoi et comment l’apprentissage des mathématiques et l’approche développementale peuvent-ils coexister? Est-ce forcément l’un au détriment de l’autre? Quelles mathématiques devraient être apprises afin de contribuer au développement global de l’enfant? Comment est-il possible au sein de l’institution scolaire d’être dans une approche développementale tout en abordant des contenus mathématiques? Quels rôles seraient accordés à l’enfant et à l’adulte?
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