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Jean-Philippe Lambert : Université Laval
L’homéostasie cellulaire requiert un contrôle constant de la structure et de l’utilisation du génome. Plusieurs modifications post-traductionnelle, notamment l’acétylation des lysines (Kac), participe à cette régulation activement. En plus de leurs impacts sur l’état général de la chromatine, les histones acétylés agissent comme point d’encrage pour les protéines adaptatrices contenant des bromodomaines (BRDs). Les BRDs sont le principal domaine lecteur d’Kac chez l’humain et, dut à la présence d’une large cavité hydrophobique dans les BRDs, une cible idéale pour le développement d’inhibiteurs chimiques. Pour contribuer aux déploiements des inhibiteurs de BRDs en clinique, nous avons complété une étude systématique des 42 protéines humaines contenant un ou plusieurs BRD. Nos résultats démontrent que ces protéines établissent de larges réseaux d’interactions protéine-protéine associés à la chromatine et que l’inhibition de leurs BRDs remodèle ces réseaux drastiquement. Notre présentation décrira nos efforts pour bonifier notre compréhension des protéines humaines contenant des BRDs, des conséquences moléculaires associés à leurs inhibitions et de leurs fonctions dans la régulation et l’organisation de la chromatine.
Le cancer constitue la 1re cause de décès au Canada. La grande diversité à l’intérieur même des « types » de cancer est un obstacle au développement de thérapies efficaces. Malgré cette hétérogénéité, les cancers partagent des caractéristiques qui sous-tendent la malignité des tumeurs. Deux traits prévalents du cancer sont l’instabilité génomique et la reprogrammation transcriptionnelle.
Des mécanismes cellulaires complexes détectent et réparent les lésions dans l’ADN et préservent l’intégrité du génome. Il est bien établi que les cellules tumorales, malgré leur capacité de prolifération accrue, sont caractérisées par une instabilité génomique. Celle-ci résulte de défectuosités dans la signalisation et la réparation des dommages à l’ADN. Paradoxalement, l’instabilité génomique constitue un point faible des tumeurs exploité cliniquement par des traitements de chimiothérapie et de radiothérapie. Une compréhension moléculaire du maintien de la stabilité du génome est cruciale pour proposer de nouvelles pistes thérapeutiques centrées sur la modulation de la réponse aux dommages à l’ADN.
D’autre part, la réplication et la réparation de l’ADN ainsi que le contrôle de l’expression des gènes nécessitent une régulation très fine de la structure de la chromatine, l’assemblage hautement régulé de l’ADN avec les histones et d’autres facteurs accessoires. La dynamique chromatinienne est modulée par un système complexe impliqué dans toutes les transactions avec l’ADN. Ainsi, des changements dans les programmes d’expression génique, régulés par l’état de la chromatine, peuvent avoir une incidence majeure sur la transformation de cellules normales en cellules prolifératives et envahissantes.
Une caractérisation poussée de la régulation de la structure du génome, incluant l’action de facteurs épigénétiques agissant sur la chromatine, est essentielle pour améliorer notre compréhension des mécanismes moléculaires qui régissent l’oncogenèse. Cela est nécessaire pour établir de nouvelles thérapies contre le cancer.
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