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Une communauté d’enquête de sens commun en classe comme révélateur des conceptions de la citoyenneté d’élèves du secondaire

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Stéphanie Didier : Université de Montréal

Résumé de la communication

Pour Dewey (1927), former à la communication publique autour d’enjeux d’intérêts communs peut aider à renouveler la démocratie en promouvant l’engagement libre des personnes dans un processus par lequel se constitue une communauté capable de réaliser des enquêtes sociales, c’est-à-dire d’établir collectivement, par la discussion, les possibles et les souhaitables pour poser et résoudre les problèmes qui la concerne.

Nous inspirant de Dewey (1938) et de sa proposition de communauté d’enquête de sens commun (1927), nous décrivons comment des élèves québécois de quatrième et cinquième secondaire (de 15 à 17 ans) examinent un problème sociopolitique et analysons ce que leur position révèle (ou non) de leur conception de la citoyenneté. Nous avons formé six «communautés d’enquête» regroupant 80 volontaires, qui devaient prendre position sur la potentiel de changement social des manifestations. Nous avons filmé ces communautés et les avons soumises à une analyse de contenu thématique.

Nous présenterons les types de citoyens qui émergent de ces discours selon la typologie de Westheimer et Kahne (2004), ainsi que les étapes de l’enquête (Dewey, 1938) qui mènent à une solution partielle du problème.

Résumé du colloque

Un survol des 240 000 textes recensés sur le Web contenant le syntagme « crise de la citoyenneté » laisse entendre l’existence d’une crise des identités territoriales, républicaines et nationales, de représentation, des institutions publiques et du politique qui aliénerait au lieu de rassembler. Les jeunes et leur apathie ou cynisme politique supposé (en raison d’une faible adhésion aux structures politiques traditionnelles) seraient parmi les premiers responsables. Leur formation citoyenne serait déficitaire, ce qui se traduit dans le discours public par un appel « aux autorités publiques pour contrôler une jeunesse qui causerait des problèmes et serait menaçante » (Demers et coll., 2017). Considérant que « le registre de la citoyenneté constitue un des systèmes de représentation des problèmes et des solutions construits par les différents acteurs pour intervenir auprès des enfants, des adolescents et des jeunes » (Becquet, 2018, p. 15), on peut se demander quelle citoyenneté est proposée aux jeunes. Et de fait, quels normes et comportements supposément citoyens leur feraient défaut?

Alors que les programmes d’éducation à la citoyenneté définissent celle-ci par des injonctions consistant à s’identifier comme membre moralement engagé envers sa communauté, à connaître le cadre juridico-légal de sa citoyenneté et à participer aux institutions publiques au sein de ce cadre (Demers et coll., 2017), les réponses des jeunes aux enquêtes portant sur leurs conceptions de la citoyenneté (Lane et Barnett, 2011; Shulz et coll., 2009) placent ces injonctions en rupture avec les représentations qu’ils en ont et les pratiques qu’ils y accolent. D’autres recherches font état d’une mutation dans leur conception de la citoyenneté, des rapports aux institutions publiques et des pratiques citoyennes (Robert-Mazaye et coll., 2016). Dans ces conditions, comment les jeunes arrivent-ils à ces définitions, et par quelles expériences? Quelles actions y associent-ils?

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 4 mai 2021

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