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Alexandra Cassivi : Université d'Ottawa
L’approvisionnement en eau potable demeure un enjeu important dans les communautés autochtones en région arctique. Ne pouvant être pourvues d’un réseau de distribution souterrain en raison de la présence de pergélisol, les communautés sont généralement desservies par des camions-citernes. Ce mode de distribution peut compromettre le respect des normes de la qualité de l’eau du point d’entrée dans le système de distribution jusqu’au point d’utilisation. Les avis d’ébullition et de non-consommation d’eau ainsi que les problèmes occasionnés par la distribution de l’eau favorisent par ailleurs l’utilisation de sources d’eau alternatives par les ménages et le rejet par la population de l’eau chlorée. La collecte d’eau de source naturelle ou directement à l’usine de traitement ainsi que l’achat de bouteilles d’eau sont parmi les pratiques auxquelles font appel les ménages. Afin d'étudier la qualité microbiologique et chimique de l’eau tout au long du processus de distribution, un programme d'échantillonnage a été réalisé dans trois villages autochtones du Nunavik (été-automne 2019). Afin d'identifier les points critiques du système d'approvisionnement, l'eau a été prélevée à la source, à l’usine, dans le camion-citerne ainsi que dans plusieurs réservoirs publics et de domiciles. Ces résultats seront présentés en abordant une approche comparative en utilisant la littérature scientifique existante portant sur l’accès à l’eau potable dans les communautés de l’Arctique.
Disposer, en quantité suffisante, d’une eau de bonne qualité à l’ère des changements mondiaux (démographiques, culturels, industriels, climatiques, etc.) est au cœur des préoccupations du 21e siècle. L’intensification de l’urbanisation et des activités industrielles et agricoles ont un effet direct sur les émissions de gaz à effet de serre, et donc sur l’accélération du changement climatique, ainsi que sur la détérioration de la qualité des eaux. L’introduction d’effluents de plus en plus complexes et l’apparition dans l’environnement de contaminants d’intérêt émergent réfractaires dans les eaux constituent un risque reconnu pour la santé humaine et environnementale. Il est également attendu que les inondations, les sécheresses et les problèmes d’approvisionnement qui existent en raison de la répartition inégale des ressources en eau deviennent plus fréquents en raison du changement climatique.
Dans l’optique d’un développement durable, il devient de plus en plus urgent de développer des approches de gestion écoresponsables des ressources en eau. Le développement de modèles de gouvernance pour réduire les risques et les vulnérabilités est une solution en soi, mais elle repose, entre autres, sur la quantification des changements anticipés du régime hydrologique de bassins versants compte tenu du changement climatique, le développement de stratégies d’adaptation en vue de ces changements, le développement de systèmes de prévision hydrologique capables de prendre en compte toutes les sources d’incertitude qui interviennent le long de la chaîne de prévision, le développement de modèles permettant la gestion adéquate de nos barrages, l’implication citoyenne dans la gouvernance de l’eau et le développement de technologies pour l’assainissement des eaux en conditions extrêmes.
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