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Roxane Caron : Université de Montréal
Cette présentation a pour but de re-visiter le discours - souvent dominant - qui persiste dans les représentations des réalités de nombreuses personnes réfugiées. Notre propos explore « les multiples visages » des personnes réfugiées révélant ainsi les éléments structurant leurs parcours d’exil, pour ainsi nuancer les discours sur leurs réalités. L’objectif de cette présentation n’est pas d’occulter les défis et difficultés rencontrées par les personnes réfugiées dans leur parcours pour trouver asile mais bien de (re)connaitre « le spectre des réalités » rencontrées et vécues. Cet exercice s’ancre dans les résultats de deux recherches qualitatives (CRSH-2017-19; FRQSC- 2017-20) de type récit de vie portant une analyse transnationale et intersectionnelle sur les parcours migratoires de personnes réfugiées de Syrie dans deux pays, soit un pays de réinstallation (Québec/Canada) et un pays limitrophe de la Syrie (Liban). Ces recherches ont en commun de tenir compte de l’ensemble de la trajectoire de refuge, du pays d’origine au pays de réinstallation, en s’intéressant aux moments marquants des parcours, des défis rencontrés et des situations de discrimination et d’inclusion vécues. Les formes de mobilisation et de solidarités déployées pour (sur)vivre sont aussi au centre des analyses avec un souci de briser les dichotomies d’une analyse purement « situationnelle » (Canada ou Liban) en regardant aussi les « vécus communs » par-delà les frontières.
Ce colloque vise un débat interdisciplinaire sur les questions touchant à l’état de santé et au bien-être des personnes réfugiées, des demandeurs d’asile et des sans-papiers, au Québec et ailleurs, ainsi qu’aux enjeux sociaux s’y rattachant. Il examine les stratégies que ces personnes mettent en œuvre de même que celles déployées par les professionnels au sein des organisations et des institutions pour favoriser leur intégration. Depuis de nombreuses décennies, le Québec accueille un nombre important de réfugiés. Ces dernières années, les demandeurs d’asile et les personnes sans statut sont en croissance sur le territoire. Leurs conditions sont particulièrement préoccupantes. D’une part, les demandeurs d’asile n’ont pas accès à l’éducation subventionnée, au soutien financier pour la francisation et à des soins de santé courants (MIDI, 2017). Leur situation sur le marché du travail est particulièrement précaire, d’autant plus qu’ils sont plus susceptibles de vivre « certaines formes d’exploitation au travail » (Arsenault, 2019). D’autre part, les personnes sans statut constituent un groupe de la population dont la situation est sous-documentée, du fait que leur présence sur le territoire n’est pas légalement reconnue. Quel que soit leur statut, il est démontré que le vécu et le parcours migratoire peuvent avoir un effet traumatique sur leur santé physique et psychologique, ce qui n’est pas sans conséquence sur le processus d’adaptation à la société d’accueil (Carlsson et Sonne, 2018). Par ailleurs, l’actuelle pandémie de COVID-19 n’est pas sans conséquence sur le parcours d’insertion de cette population particulièrement vulnérable, de même que pour les professionnels et les intervenants du réseau de la santé et des services sociaux. Enfin, bien que le ministère de l’Immigration ait récemment élargi les critères d’admissibilité à l’ensemble des services, il appert que les mandataires de ces services n’ont pas toujours les ressources humaines ni l’expertise nécessaires pour répondre aux besoins particuliers de cette population.
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