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Jérôme Gaillaguet : EHESS
Cette communication vise à interroger les enjeux méthodologiques propres à une enquête sur la trajectoire « d’hésitants vaccinaux », et sur leurs expériences des controverses instituées. En partant d’un double questionnement, celui de la dynamique des jeux d’acteurs et d’arguments propres aux controverses vaccinales d’une part, et des phénomènes de défiance ou de réticence qui en découlent d’autre part, cette communication vise à discuter une méthodologie permettant de comprendre les variations critiques et épistémiques d’une attitude saisie dans des contextes socio-culturels évolutifs. L’un des aspects remarquables de l’hésitation vaccinale en tant qu’attitude est qu’elle semble surgir au gré des controverses, et être soumise à des variations considérables au cours du temps. Dans cette perspective, on se demandera quel dispositif d’enquête adopter pour décrire et analyser des attitudes à forte labilité ? Comment saisir ces attitudes dans la durée, dans leur variabilité, dans des contextes socio-culturels en constante transformation ? D’abord, on discutera des outils permettant l’analyse des controverses ; puis, on exposera une méthode à travers quatre logiques d’enquête visant à comprendre l’hésitation vaccinale en tant qu’expérience saisie sur le temps long.
Depuis les années 1990, une partie de la recherche internationale en éducation s’interroge sur ce que suppose, dans les pratiques d’éducation formelle et non formelle, la prise en charge de controverses socioscientifiques, en considérant notamment les questions de santé, d’environnement, de biodiversité et de développement durable.
Les questionnements ont porté en particulier sur : a) les défis à relever pour que l’enseignement des controverses trouve une place dans un enseignement traditionnellement tourné vers les savoirs stabilisés, notamment en classe de sciences; b) la diversité de significations associées au concept de controverse; c) la diversité et la complexité des savoirs en jeu (savoirs savants, savoirs éthiques, savoirs expérientiels, vernaculaires, etc.); d) des liens entre la problématisation induite par les controverses socioscientifiques, d’une part, et l’apprentissage de savoirs induits par l’argumentation, d’autre part; et e) l’importance d’autres éléments sociocognitifs (croyances, émotions, valeurs, champs d’intérêt, enjeux identitaires) qui contribuent à la construction des opinions et à l’exercice réel d’une citoyenneté scientifique.
Ces questionnements nécessitent aujourd’hui un partage des concepts et des résultats, mais également des méthodes éducatives, s’appuyant le plus possible sur des retours d’expériences à la fois pédagogiques, didactiques, sociologiques et communicationnelles.
Dix ans après l’ouvrage Enseigner les controverses de Virginie Albe (2009) et alors que Jean Simonneaux (2019) vient de coordonner un ouvrage sur la démarche d’enquête comme contribution à la didactique des questions socialement vives, ce colloque francophone international se propose de regrouper une partie des chercheurs et des éducateurs qui travaillent sur les enjeux, les défis et les méthodes liés au traitement de controverses socioscientifiques, quels que soient les contextes (éducation formelle ou non formelle) et l’âge des publics (enfants, adolescents, adultes).
Titre du colloque :