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Contributions des sciences de l’occupation et de l’éthique à la réflexion actuelle sur la transition et la justice écologiques

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Marjorie Désormeaux-Moreau : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

Cette communication examinera la transition écologique par la combinaison de deux lunettes : l’une issue des sciences de l’occupation, lesquelles considèrent l’humain comme un être occupationnel, soit un être qui a besoin de s'engager dans des activités pour donner un sens à son existence, et l’autre issue de l’éthique, en tant que discipline philosophique. Pourquoi? 1) Parce que l’actuelle crise écologique est liée aux répercussions négatives des occupations humaines sur les écosystèmes et 2) parce qu’elle risque d’engendrer des injustices entre les humains d’aujourd’hui, mais aussi entre les générations présentes et futures d’humains. Se répercutant sur les écosystèmes et le climat, les choix occupationnels des humains sont susceptibles d’être source d’injustices de nature occupationnelle, à l’égard des humains d’aujourd’hui et demain. Cette communication reposera sur l’idée que la transition écologique suppose nécessairement une transition vers des occupations durables. Elle exposera en quoi la combinaison des lunettes issues des sciences de l’occupation et de l’éthique a mené au concept de justice occupationnelle intergénérationnelle ainsi qu’à des clarifications conceptuelles (besoins, désirs, choix, droits et devoirs occupationnels). Elle abordera comment l’éducation relative à l’environnement peut s’asseoir sur ces clarifications conceptuelles pour soutenir des changements occupationnels et favoriser, chez les citoyens, des actions écoresponsables au quotidien.

Résumé du colloque

S’il est aujourd’hui admis que l’humanité court à sa perte en raison d’une crise socioécologique d’envergure, des projets de société postcapitaliste, postcroissance ou postpétrole s’organisent partout dans le monde pour éviter l’effondrement des systèmes à la base de toutes les formes de vie sur Terre. Fondées sur des critiques du développement et des préoccupations écologiques, des solutions de rechange au néolibéralisme sont proposées par divers acteurs de la société civile. Amorcer une transformation en profondeur des modes de pensée et d’agir s’impose et donne cours à des propositions théoriques et à des initiatives multiformes se structurant autour du concept de transition écologique (TE). Elles cherchent à redonner du pouvoir aux communautés en imaginant d’autres possibles. Suggérant un changement sans précédent de société, la TE « se pense et s’expérimente » sur le terrain de diverses manières. Pourtant, ces démarches se heurtent à des modes de vie bien ancrés et à un fort enracinement des sociétés modernes dans une logique productiviste et de surconsommation. La tension est donc perceptible entre les pratiques citoyennes « vertueuses » et la puissance d’un marché reposant sur la dilapidation des ressources planétaires. Notre colloque propose de donner une voix aux multiples visages de la TE qui émergent dans les domaines de l’énergie et de l’agroalimentaire, dans les façons de produire ou de se déplacer, en même temps qu’il interroge les conditions de possibilité d’un renversement anthropologique et économique qui pourrait réduire la catastrophe en cours. La TE est d’abord abordée selon les perspectives de l’éducation à l’environnement et de l’intervention sociale, qui accompagnent les initiatives émergentes, les interprètent et leur donnent sens, mais également sous l’angle de la sociologie, de l’anthropologie et de la philosophie, à partir de réflexions critiques qui peuvent soutenir les populations dans leur apprentissage de solutions porteuses d’espoir.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 5 mai 2021

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