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Cosmopolitique territoriale de la Nation Wampis : visions d’autonomie dans l’Amazonie péruvienne

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Andres Larrea : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Cette communication présente les résultats d’une recherche réalisée en collaboration avec le Gobierno Territorial Autónomo de la Nación Wampis (GTANW), premier gouvernement indigène constitué dans l’Amazonie péruvienne. Elle propose une description des politiques territoriales de ce nouvel acteur politique. La méthodologie s’appuie sur 14 entretiens menés avec des dirigeants politiques et des militants du GTANW en 2017, des groupes de discussion et l'observation participante d’une multitude d'activités relatives à la vie démocratique et à la gestion territoriale.

Dans un contexte d'explosion de conflits sociaux causés par l'expansion de la frontière extractive, le GTANW met en pratique une vision de l'autodétermination politique et territoriale qui revendique la cosmopraxis wampis, les savoirs ancestraux et l'organisation traditionnelle du territoire. En s’appuyant sur des principes de démocratie participative, le consensus et leurs institutions traditionnelles, les dirigeants et militants du GTANW cherchent à établir un modèle de développement compatible avec la cosmovision wampis et la philosophie de vie Tarimat Pujut (bonne vie ou pleine vie). Nous démontrons que, en contexte interculturel, la lutte pour la distribution des ressources ne se déroule pas dans le même système de signes et cosmovision pour tous les acteurs impliqués; les conflits résultants appartiennent à la catégorie des «conflits ontologiques» qui impliquent des définitions différentes de «ce qui existe».

Résumé du colloque

Depuis les années 1980, le secteur extractif connaît un boom sans précédent à l’échelle mondiale. Les exploitations minières, agro-industrielles, d’hydrocarbures, et d’hydroélectricité ne cessent de se multiplier, malgré les résistances qu’elles provoquent. Le modèle extractiviste a renouvelé les formes de dépendance et de primarisation des économies, particulièrement en Amérique latine, en Afrique et en Asie-Pacifique, et traverse le spectre politique, faisant consensus dans les États tant néolibéraux que postnéolibéraux (Acosta, 2011; Gudynas, 2011; Svampa, 2013). Sous le mirage des retombées économiques, les États mettent en place des cadres législatifs, juridiques et des allègements fiscaux dont la balance surpasse pourtant les redevances perçues (Deneault, 2012, 2014).

Aujourd’hui, une partie de la recherche sur l’extractivisme continue d’évaluer les rapports de celui-ci à la croissance, à la dépendance économique et aux régimes patrimoniaux et rentiers. D’autres s’intéressent à la forte répression contre les opposant·e·s à l’extractivisme. L’exploitation des ressources étant justifiée au nom de l’« intérêt national », l’urgence et l’exceptionnalité sont invoquées pour défendre la prérogative étatique de disposer des ressources, criminalisant les luttes pour la défense du territoire. Surtout, nous nous interrogeons sur ces politiques dans le contexte où l’extractivisme au 21e siècle semble repousser toutes les frontières. La raréfaction des ressources pousse à l’exploitation de gisements non conventionnels dans des zones géographiques jusque-là hors de portée de l’expansion capitaliste. Même la transition énergétique, préconisée pour lutter contre le bouleversement du climat, entraîne une intensification de l’extraction minière par la valorisation de nouveaux métaux. Ce colloque vient s’intéresser à l’articulation des conflits sociaux créés par l’extractivisme contemporain et les réponses sociales, universitaires et militantes avancées face à ces problématiques.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 5 mai 2021

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