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Devenir post-colonial des messianismes indigènes en Côte d’Ivoire : le cas du "déhima", de 1974 à aujourd’hui

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Alexis Dea : Université Jean Lorougnon Guédé

Résumé de la communication

Le développement du messianisme en Côte d’Ivoire coloniale est incontestablement lié au fait colonial. De nombreux chercheurs passionnés d’histoire religieuse de la Côte d’Ivoire (René Bureau, Denise Paulme, David Shank…) y ont consacré d’importants travaux et sont convenus de son caractère révolutionnaire. Réponse à la domination culturelle imposée par l’Occident, les messianismes sont aussi des mouvements d’éveil de la conscience populaire. Leur objectif est de révéler à l’Afrique le secret de la puissance des Blancs, ainsi que de placer la religion chrétienne dans le contexte africain. Parmi ces religions semi-chrétiennes semi-traditionnelles, le déhima connaît une audience particulière auprès des populations.

Mais si le sentiment anticolonialiste a favorisé l’essor du déhima en Côte d’Ivoire coloniale, la réalité de celui-ci après les indépendances mérite d’être interrogée. Que devient le déhima après l’indépendance de la Côte d’Ivoire ? Comment se réorganise-t-il aux plans théologique et structurel pour faire face aux réalités nouvelles ?

Cette contribution a pour ambition de répondre à ces questions dans une perspective historique. Elle est, par ailleurs, un prétexte pour revisiter le devenir des messianismes indigènes depuis l’indépendance de la Côte d’Ivoire. Aussi tire-t-elle sa substance d’enquêtes orales, menées auprès des dignitaires déhima, complétées par des lectures bibliographiques sur l’histoire religieuse de la Côte d’Ivoire.

Résumé du colloque

Le concept d’africanologie (Diakité, 2016) se définit, selon son concepteur, comme :

« Une discipline réflexive née de la jonction des sciences philosophiques, expérimentales, des cultures africaines, occidentales et des sciences humaines. Elle est un champ interdisciplinaire qui commence d’abord par la philosophie, passe de là aux sciences humaines et s’achève dans les sciences expérimentales. L’Africanologie est une tétraphilosophie; c’est-à-dire qu’elle est à la fois une géophilosophie, une historiophilosophie, une sociophilosophie et une médicophilosophie. Elle se définit donc comme une scientophilosophie, c’est-à-dire l’étude clinique, scientifique et philosophique de l’Afrique à partir de sa genèse et de son fonctionnement en tenant compte de son histoire, de ses cultures, de ses civilisations, de ses découvertes, de ses inventions et de ses pratiques. L’Africanologie est le gain de la symbiose des savoirs occidentaux et des savoirs endogènes africains. » (Diakité, 2018, p.122-123)

L’africanologie peut apparaître comme le résultat d’une volonté de reconstruction et de renaissance d’une société africaine à travers l’éveil des consciences.

Ainsi, à l’image de la négritude, l’africanologie se veut aujourd’hui la thérapeute de l’Afrique et des Africains, en vue de venir à bout des maux qui les rongent. À partir d’un diagnostic réaliste et objectif du mal africain, dénué de toute complaisance, l’africanologie se fait un devoir d’indiquer aux Africains les voies et les moyens susceptibles d’en venir à bout, et donc de créer les conditions de l’émergence, ultime étape vers le développement. Mais en réalité, l’africanologie est-elle susceptible d’influencer le destin de l’Afrique et des Africains, en leur donnant la possibilité de relever les défis du développement? Faut-il voir en l’africanologie un concept de trop au sein des études africaines? Sa démarche se démarque-t-elle des autres disciplines et autres doctrines vouées à l’Afrique? La révolution, sous-tendue par l’éveil des consciences qu’elle prône, ne présuppose-t-elle pas la mise en parallèle des perspectives exogènes et celles dites endogènes? Finalement, quelles peuvent être les forces et les faiblesses de l’africanologie, dans sa contribution à la marche de l’Afrique vers l’émergence, dans un contexte de mondialisation?

Ce colloque vise à faire l’état des lieux des études africaines contemporaines en général, et de l’africanologie en particulier, au regard des défis des temps nouveaux. Il se doit, pour y parvenir, de proposer une discussion critique autour du concept d’africanologie, c’est-à-dire en débattre l’opportunité du surgissement et en relever d’une part les forces et d’autre part les faiblesses, le tout dans une mise en parallèle avec d’autres disciplines, doctrines ou concepts en lien avec l’Afrique, et ce, dans le but de situer la contribution de l’africanologie dans le processus de développement de l’Afrique.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 5 mai 2021

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