Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Agnès Deprit : Université catholique de Louvain
Le pilotage des activités d’apprentissage est la compétence qui est prioritairement observée par les formateurs au moment des stages et qui fait l’objet d’évaluations (Carpentier & Vivegnis, 2019). Or, la phase préactive de l’enseignement, quand les étudiants programment et préparent leurs séquences d’enseignement, mérite, elle aussi, d’être accompagnée car ils sont, à ce moment, en demande d’aide pour réinvestir les théories apprises dans la pratique (Caron & Portelance, 2017). Dans cette étude, nous analysons un dispositif API (Approche de l’activité de Planification enseignante par des Images) développé par des formateurs institutionnels dans le but de mieux accompagner les futurs enseignants dans leur phase préactive. Découlant de la technique photovoice (Wallerstein & Bernstein, 1988), ce dispositif propose aux étudiants de questionner leur démarche d’avant-stage à partir de photos qu’ils ont prises de leur activité de planification. L’objectif est d’approcher l’activité réelle (Hall & Smith, 2006), d’en faciliter sa ré-évocation et donc son analyse. La recherche a été menée auprès de 69 futurs instituteurs primaires en première année de formation. L’analyse qualitative à visée compréhensive (Merriam, 2009) de l’expression des bénéfices, catégorisés de manière émergentes (L’Écuyer, 1990), montre, dans ses effets, l’intérêt d’utiliser des photos comme traces pour raviver la pratique et l’aspect formateur du dispositif API dans le développement du futur professionnel.
Plusieurs programmes de formation à l’enseignement proposent des dispositifs basés sur l’alternance (Gremion et Maubant, 2017) qui prévoient des temps d’apprentissage successifs entre une institution et un milieu professionnel afin que les étudiants puissent mettre à profit les différents éléments et expériences liés à la conception et au pilotage d’activités d’enseignement. Cette alternance accorde une place particulière à la formation sur le terrain (Maubant, 2007). Au Québec, par exemple, l’étudiant réalise plus de 700 heures de stage durant la formation initiale (MELS, 2008). Pourtant, la « formation est rejetée pour cause de décalage avec le réel des situations professionnelles » (Kaddouri, 2008, p. 67). De façon générale, les étudiants accordent beaucoup de crédit aux stages au détriment de leurs cours, perçus comme trop théoriques et peu significatifs (Sjølie, 2014). Hennissen, Beckers et Moerkerke (2017) notent d’ailleurs que l’articulation entre les cours et les stages constitue un défi pour de nombreux étudiants, et certains auteurs estiment que des liens entre ces deux pans de la formation sont indispensables pour qu’une rationalité pratique se développe chez les futurs enseignants (Buysse et Vanhulle, 2010). Pour y parvenir, un regard sur le développement des compétences professionnelles dans la formation est indispensable. Y a-t-il des compétences professionnelles « réservées » à la formation pratique et d’autres liées à la formation théorique? En ce sens, la compétence relative au pilotage des activités d’enseignement est surtout observée et évaluée au cours des stages, mais qu’en est-il de sa préparation dans les cours à l’université?
Titre du colloque :
Thème du colloque :