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Entre héritage et modernité : le cas des jeunes issus de la communauté anglophone du Bas-Saint-Laurent

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Emanuele Lucia : Università degli Studi di Milano-Bicocca

Résumé de la communication

On peut retracer l’apparition de l’anglais au Bas-Saint-Laurent au début du 19e siècle avec l’arrivée d’une quarantaine de familles écossaises au village de Metis Beach, et quelques décennies plus tard avec l’arrivée de résidents d’été anglophones. En 2016, la minorité anglophone permanente dans tout le Bas-Saint-Laurent s’élevait à 1 225 personnes. Par contre, le village de Métis-sur-Mer est encore un important lieu de villégiature anglophone l’été dans la région, et est souvent défini comme le noyau de la minorité linguistique au Bas-Saint-Laurent, même si la communauté anglophone permanente est répartie sur l’ensemble du territoire bas-laurentien. Nous avons effectué des entretiens avec des jeunes anglophones et bilingues ayant entre 16 et 25 ans résidents permanents de la région afin d’effectuer un portrait de la communauté actuelle, notamment en termes d’identité et de sentiment d’appartenance. Les jeunes démontrent une appartenance et une identité plurielles et plus éclatées qu’elles ne pouvaient l’être chez la génération plus vieille. Ils reconnaissent et participent au sein de la communauté anglophone historique, liée à Métis-sur-Mer et son héritage, mais ont des pratiques linguistiques plus contemporaines qui contribuent à la création d’une communauté anglophone contemporaine plus diverse. Ces jeunes conservent, mais renouvellent en même temps la communauté avec leurs pratiques territoriales et linguistiques particulières.

Résumé du colloque

Ce colloque explore les liens entre le patrimoine, la mémoire et la vitalité chez les communautés linguistiques en situation minoritaire au Canada et ailleurs dans le monde.

Ce colloque interdisciplinaire encourage les approches critiques des concepts de patrimoine, de mémoire et de vitalité. Comment les communautés minoritaires s’approprient-elles ces notions dans leurs discours et dans leurs pratiques? La notion de patrimoine est facilement associée à celle de mémoire collective, qui renvoie aux processus suivant lesquels se construisent des représentations sociales ainsi que des symboles autour de personnages et de faits marquants caractéristiques de l’histoire d’une collectivité. Quel est l’impact de cela sur la vitalité communautaire? Qu’en est-il du lien entre patrimoine et histoire? Lowenthal fait ressortir les tensions entre la discipline historique, qui est objective et désintéressée, et le patrimoine, qui vise à informer le présent.

En particulier, le colloque vise à faire état du rôle de la mémoire dans ces communautés avec des études de cas. Quels rapports les minorités linguistiques entretiennent-elles avec leur passé et comment ces rapports participent-ils à leur épanouissement au présent? Quels pratiques et lieux participent à la transmission d’une mémoire et de l’histoire des communautés à différentes échelles : locale, régionale, nationale, voire internationale?

Nous nous intéressons, entre autres, à la marchandisation du patrimoine et des activités de mémoire des communautés minoritaires. Comment le passé se traduit-il en une industrie touristique et en produits touristiques? Quel est l’impact économique de ces activités et dans quelle mesure, le cas échéant, la « crédibilité scientifique » est-elle sacrifiée? Compte tenu des enjeux culturels et économiques, comment un dialogue ouvert sur les forces et les faiblesses de ces passés construits peut-il avoir lieu?

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 5 mai 2021

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