pen icon Colloque
quote

Facteurs associés à l’adhésion aux croyances et préjugés vis-à-vis des violences sexuelles chez les étudiant.es universitaires canadiens

SC

Membre a labase

Sonn Castonguay-K. : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

Près de 75 % des personnes étudiantes rapportent avoir subi de la violence sexuelle en milieu universitaire (VSMU). Or, de nombreux programmes de prévention de la VSMU misent sur l’intervention des témoins afin de contrer une situation de violence sexuelle, acte d’intervenir qui serait liée à l’adhésion aux croyances et préjugés vis-à-vis des violences sexuelles (CPVS). La littérature montre que jusqu’à 25 % des étudiant.es sont en accord avec des CPVS, mythes qui culpabilisent les victimes, déresponsabilisent les auteurs et banalisent les gestes de violences sexuelles. Utilisant de manière secondaire les données de l’Enquête sur la sécurité, la sexualité et les interactions en milieu universitaire (ESSIMU), cette étude montre que les hommes adhèrent plus aux CPVS que les femmes et les personnes issues des minorités de genre et que plusieurs facteurs sont associés à l’adhésion aux CPVS. Ces résultats permettront de mieux orienter les efforts de prévention de la VSMU afin de cibler davantage certains sous-groupes étudiants en vue de réduire leur adhésion aux CPVS.

Résumé du colloque

Les violences sexuelles sont prévalentes auprès des populations universitaires en Amérique du Nord et en Europe, en plus d’être associées à des conséquences néfastes. L’enquête Sexualité, sécurité et interactions en milieu universitaire (ESSIMU) a permis d’établir un portrait des violences sexuelles (VS) se déroulant en contexte universitaire québécois en s’appuyant sur une définition large des différentes formes de VS, incluant notamment le harcèlement sexuel, les comportements sexuels non désirés et la coercition sexuelle. Sur les 9284 personnes ayant répondu au questionnaire en ligne, 36,9 % ont rapporté avoir subi au moins une forme de VS en milieu universitaire, depuis leur entrée à l’université, commise par une autre personne affiliée à cette université. Certains groupes sociaux sont davantage victimisés : les femmes (40,6 %), les étudiant.e.s de l’international (41,6 %) et les individus issus de minorités sexuelles (49,2 %) et de genre (55,7 %) (Bergeron et al., 2016). En France, en 2015, l’enquête Violences et rapports de genre (Virage) est réalisée avec le but de documenter les violences sexuelles subies par la population française au cours de leur vie. Dans le cadre de cette enquête, l’Institut national d’études démographiques (INED) lance une enquête complémentaire (Virage-Universités) pour comprendre l’ampleur des violences et des discriminations existantes en milieu universitaire. Sur les 6648 étudiant.e.s ayant répondu au questionnaire en ligne, un total de 1882 étudiant.e.s ont déclaré avoir subi au moins un fait de violence (psychologique, physique ou sexuelle) au cours des 12 mois précédant l’étude. L’enquête a aussi démontré que la nature des violences subies n’est pas la même selon le genre : les étudiantes sont plus touchées par des propos et attitudes à caractère sexuel, tandis que les étudiants mentionnent plus fréquemment des faits de violence psychologique (Lebugle et al., 2018).

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 5 mai 2021

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :