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Gestes barrière et port du masque à l’école primaire : interférences communicationnelles, altérations des rites et des rituels, atteintes plurielles à la sacralité de l’école

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Virginie Dargère : Université Jean-Monnet-Saint-Étienne

Résumé de la communication

Nous envisageons de traiter les contraintes communicationnelles à l’école, contraintes relatives aux gestes barrières imposés pour éviter la propagation de la Covid-19. Notre thèse et que ces contraintes entravent les rituels à l’école au point d’altérer la dimension « sacrée » de l’institution scolaire. Nous nous appuyons sur nos observations et expériences dans nos pratiques quotidiennes dans le but de valider les hypothèses suivantes : 1) Le port du masque semble toucher à la « sacralité » de l’élève, et de ce fait, à la « sacralité » de l’école : il semble être une atteinte à la dignité, à l’intégrité du sujet-élève qui subit une « profanation » de son identité, une violation du territoire de son « soi ». Ceci aboutit à une mortification identitaire, un « sacrilège » anthropologique. 2) Nous considérons que la socialisation communicationnelle par le visage et la communication quotidienne sont réduites à néant, de ce fait la mission civilisatrice de l’école est remise en question. 3) Les interactions de la vie quotidienne entre tous les acteurs de l’école sont formatées par les gestes barrière, en soit légitimes dans un contexte pandémique, mais ces gestes barrière interfèrent et détournent les fondements de la communication humaine. 4) Le protocole inhérent aux distances physiques modifie les contours du territoire du moi en situation communicationnelle et enraye, là encore, l’apprentissage des fondements de la socialisation communicationnelle.

Résumé du colloque

La pandémie n’a pas provoqué seulement l’interruption de la vie sociale dans ses manifestations usuelles, ni seulement une concentration familiale, avec la réclusion et le confinement. La pandémie fonctionne comme un « révélateur » de la situation réelle de nos sociétés, du plan politique plus large à celui des convictions privées, comme les croyances religieuses. Les rites sont au cœur de processus à un double titre : en tant que pratiques sociales, les rites ont été interrompus, voire mis en pause; mais en tant que pratiques symboliques, leur fragilité et leur force, leur infirmité et leur utilité ont été mises au clair, notamment sur trois plans : celui de la relation entre le pur et l’impur qui caractérisait les sacrifices; celui du degré de définition et de délimitation des rites en tant que pratiques sociales et symboliques, c’est-à-dire, dans la terminologie de Victor Turner, l’aspect de la « liminalité »; et celui de l’horizon utopique et du sens du temps, comprimé dans une sorte de corrélation avec le confinement spatial. La pandémie a ainsi bouleversé des aspects rituels largement oubliés dans le contexte de la modernité et de la postmodernité. Cette situation oblige, par conséquent, à revenir sur ces dimensions d’un point de vue critique; un point de vue ethnologique, herméneutique (historique, socioreligieux) et symbolique.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 5 mai 2021

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