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Marcelo Balboa : Université Laval
Jusqu’au mois de mars 2020, nous étions dans la réflexion suivante… « On pourrait supposer que les jeunes universitaires ont pu surmonter plusieurs situations liées au processus d’autonomie et qu’ils sont à un stade avancé de la construction de leurs projets de vie. Pourtant, au Canada 58,1 % des étudiants ont déclaré que “leur éducation universitaire était traumatisante et très difficile à gérer au cours de la dernière année” (NCHA, 2016). L’Union Étudiante du Québec (UEQ) indique qu’une personne sur cinq a montré des symptômes dépressifs à un niveau où elle devrait recevoir des soins (UEQ, 2019). Comment comprendre ces résultats ? » Puis vint la pandémie, un fait qui a transformé la vie sociale d'une manière difficile à mesurer. Comment les jeunes font-ils face à cette épreuve, et en quoi cela affecte-t-il leurs projets de vie ? Notre présentation est une réflexion théorique pour penser des défis pour les sciences de l’orientation « en temps de COVID », depuis un cadre théorique inspiré de la clinique du travail, la psychologie des groupe et l’analyse institutionnelle.
Si le passage à l’âge adulte constitue en soi un processus d’autonomisation, l’autonomie constitue plus que jamais un enjeu clé dans les parcours des jeunes. D’un côté, injonction issue des paradigmes managériaux traversant tout autant le système de production que les politiques publiques, l’autonomie devient une exigence omniprésente pour construire de manière socialement légitime son cheminement. De l’autre côté, le décalage entre les attentes des jeunes dans différentes sphères de vie (que ce soit le travail, la formation, le logement, la famille, l’engagement dans sa communauté) et les réelles possibilités de les combler encourage parfois les jeunes à défier les normes sociales dominantes et à défendre leur autonomie individuelle et culturelle à l’heure de construire leur parcours. Entre injonction à la production et revendication d’épanouissement, l’autonomie est au foyer de tensions qui se répercutent sur le mieux-être des jeunes et leur santé mentale : troubles de l’attention, épuisement, technostress, solitude, colère, démobilisation, sentiment de vulnérabilité au travail, détachement de la communauté, etc. Ces tensions, souvent vécues individuellement, voire dans l’isolement, soulèvent par ailleurs l’enjeu de la responsabilité collective, et de la qualité et de l’adéquation des réponses institutionnelles qui sont offertes : manque de ressources, racisme institutionnel et méconnaissance des réalités spécifiques de la part des intervenants. C’est dans ce contexte de tension que ce colloque souhaite réunir des contributions issues d’une variété de disciplines et d’approches analytiques pour éclairer la question de l’autonomie et mettre en évidence tant la diversité des conditions regroupées sous la catégorie « jeunes » que les inégalités sociales affectant le passage à l’âge adulte selon les régions, la situation socioéconomique, la situation familiale, l’identité de genre, l’appartenance culturelle et l’origine ethnique, entre autres.
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