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La coexistence des libertés : jalon d'une rationalité politique intersubjective chez Spinoza

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Théophile Mugisho Ntarheba : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières

Résumé de la communication

La rationalité des temps modernes, cartésienne et kantienne en l’occurrence, essentiellement marquée par une philosophie du sujet et de la conscience, avait débouché sur la marginalisation du fondement intersubjectif de la rationalité. Il sera question dans notre communication de faire émerger ce fondement intersubjectif de la rationalité politique chez Spinoza, et partant, le caractère antimoderniste de sa pensée politique. Pour Spinoza, C’est grâce à la raison que l’homme découvre ce qui lui est utile et devient plus libre dans un Etat que dans la solitude (Eth., IV,P LXXII, D). Les libertés individuelles accroissent « la puissance de la multitude », que Spinoza appelle « l’Etat ». Une telle rationalité a comme fondement l’intersubjectivité et est source de la sociabilité des hommes[1]. De cette façon, chez Spinoza, la coexistence des libertés individuelles est la condition sine qua non de la liberté collective. En quoi ces considérations spinoziennes constituent-elles, d’une part, une rupture avec la pensée moderne, et d’autre part, une clef dans la compréhension de l’effervescence des rationalités sociopolitiques contemporaines ? C’est à cette question que notre communication tentera d’apporter une réflexion.

Résumé du colloque

Afin de faire écho au thème du 88e congrès de l’Acfas, intitulé Du jamais su, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir aux invisibles et aux inaudibles de la philosophie. Bien que la philosophie se veuille une recherche de vérité, une quête de sagesse, on peut se questionner sur ses angles morts. Qu’est-ce qui est mis de côté dans cette quête, et pourquoi? Nous pouvons penser à la philosophie grecque qui s’échafaude sur un rejet de la mythologie afin de fonder un discours rationnel. À la philosophie médiévale, dans la lignée de l’héritage de la tradition chrétienne, qui a, de son côté, contribué à un rejet du corps et du monde ici-bas. À Kant, dans son geste de déconstruction de la métaphysique, qui a séparé ce qu’il était possible de penser de ce qu’il était possible de connaître. Ou plus près de nous, au tournant linguistique qui est venu remettre en question le langage même de la métaphysique en traquant les énoncés mal formés et sans signification réelle.

Chaque époque, chaque courant philosophique semble mettre de côté certains aspects ou certaines expériences afin de délimiter son objet de connaissance et les possibilités de connaître, reléguant ces éléments à l’invisibilité ou à l’inaudibilité. Certains de ces aspects semblent ensuite être « redécouverts » par les courants subséquents, ouvrant ainsi des débats dans l’histoire de la philosophie. S’intéresser aux invisibles et aux inaudibles pourrait se révéler une manière de penser à nouveaux frais l’histoire des débats philosophiques et la formation du canon en philosophie; une manière de réfléchir à ceux et celles qui font l’histoire et du même coup, à ceux et celles qui sont tombé.e.s dans l’oubli, aux voix marginalisées. Qu’est-ce qui se cache dans les marges de la philosophie? Y a-t-il du jamais su?

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 5 mai 2021

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