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Vanessa Mardirossian : Université Concordia
Des études scientifiques ont montré que les colorants synthétiques que nous portons peuvent interférer avec notre corps et causer de graves problèmes de santé. Vanessa aborde cette problématique du point de vue du design et présente une approche art-science des couleurs que nous portons, qui invite les designers à réfléchir au développement de colorants textiles non toxiques. Inspirée par la façon dont le monde naturel construit ses propres matériaux, à température ambiante et sans déchets, son exploration spéculative utilise des rebuts alimentaires pour fournir aux bactéries productrices de pigments, les nutriments dont elles ont besoin pour développer une riche palette de teintes. La combinaison de techniques anciennes de colorants végétaux, avec des méthodes contemporaines de productions de couleurs, réalisées par des organismes vivants, permet d'obtenir la plupart des nuances de la palette Pantone, généralement réalisées à partir de composés pétrochimiques. Ce cheminement, questionnant l'interconnexion entre le vivant et le manufacturé, l'a conduite au développement d'une écolittératie textile, définie comme une culture écologique en design. Ce concept, basé sur une meilleure connaissance du monde naturel, permet aux productions de respecter les écosystèmes, tout en favorisant l'engagement social et émotionnel, en faveur de pratiques de conceptions durables.
Apparue aux États-Unis dans les années 1980, l’éthique du care est une manière de penser la morale fondée sur le souci des autres (sollicitude) et l’acte de « prendre soin » (Brugère, 2011). Fondée sur un sentiment de responsabilité à l’égard d’autrui et de ses besoins, elle concerne les tâches de soin impliquées dans les diverses formes de vulnérabilité (soin parental, traitement de la dépendance, travail social). Formulant à l’égard de la relation marchande une critique similaire à celle de la théorie du don, l’éthique du care postule qu’il existe une qualité morale dans l’acte d’aider les autres. Un premier rapprochement entre cette logique du care et la logique du design peut être observé dans le travail de Victor et Sylvia Margolin (2001). Inspiré du travail social, le « design social » selon eux vise la satisfaction des besoins des populations vulnérables ou marginalisées, comme celles à faibles revenus ou ayant des besoins particuliers en raison de leur âge, de leur santé ou de leur handicap. Cette approche pose les premières conditions d’un rapprochement entre l’acte de design et l’acte de soin. Ce colloque souhaite explorer le potentiel de cette idée et faire la lumière sur la pertinence de la théorie du care pour les disciplines du design. Peut-on considérer l’éthique du soin comme un modèle général pour le design? Par exemple, peut-on considérer qu’un petit objet électroménager comme Tero, qui transforme les résidus alimentaires des ménages en un fertilisant prêt à l’emploi, est le résultat d’un acte de design qui prend soin de notre environnement? Qu’est-ce que cela signifie de « prendre soin par le design »? Quelles approches théoriques, conceptuelles, méthodologiques et pratiques les enjeux de soin appellent-ils en design? Le design doit-il se limiter à prendre soin? Peut-il soigner ou sauver le monde? Pour Papanek (1971), on sait que le design est l’un des pires maux de la planète. Comment faire la part du soin et des « effets indésirables »?
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