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La gouvernance du vieillissement et les politiques de maintien à domicile des personnes âgées au Québec

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Alexandra G. Charette : Université Concordia

Résumé de la communication

Au cours des dernières décennies, les États occidentaux ont développé différents mécanismes de gouvernance visant à la fois à limiter leurs investissements dans divers champs sociaux, dont le vieillissement de la population, et à réguler le financement, la nature et le mode de prestation des services offerts. L’un de ces mécanismes de gouvernance fait en sorte de remettre aux citoyens et aux communautés la responsabilité de la gestion des risques sociaux auxquels ils sont exposés. Les processus de responsabilisation se déploient par le biais de discours politiques et de diverses formes d’action publique. Ils établissent de nouveaux modes d’intervention étatique « à distance » incitant les citoyens et communautés à prendre en charge certains des enjeux sociaux auxquels ils font face.

Nous nous intéressons aux processus de responsabilisation dont procèdent les politiques publiques et l’action publique en matière de gouvernance du vieillissement au Québec. Nous abordons les diverses stratégies mises en œuvre au cours des dernières années par le gouvernement québécois afin d’encourager, puis d’inciter différents acteurs non gouvernementaux, dont les personnes âgées, à assumer la responsabilité du maintien à domicile des aînés. Nos analyses montrent que les discours et l’action publique dans le domaine du maintien à domicile des aînés procèdent de différentes stratégies de responsabilisation qui redéfinissent les frontières entre les sphères privée, publique et politique.

Résumé du colloque

Le concept du Welfare Mix a surgi au cours des années 1980 pour mettre en lumière l’apport des proches (familles, amis, voisinage), des entreprises du secteur marchand et des organismes du tiers secteur (économie sociale et solidaire et organismes communautaires) aux côtés des institutions du secteur public dans la transformation de l’État social (Evers et Wintersberger, 1990). Cette contribution des différents producteurs de services dans l'intervention de proximité et du maintien des personnes âgées dans la communauté a pris de l’ampleur depuis le début des années 2000 tant sur le plan du financement, que des modes de régulation et de la prestation des services. Dans un contexte de vieillissement accéléré de la population, cette mixité de ressources a fait surgir certains enjeux liés non seulement à la gratuité, l’universalité et la qualité des services, mais aussi à l’expression de différents registres de professionnalités au sein des équipes d’intervention (incluant l'éthique du care), à l’évolution du statut de certains prestataires de services, à l’expression des besoins des usagers ainsi qu’à la coconstruction des pratiques et des politiques structurant l’offre de services (Jetté et Lenzi, à paraître). Cette mixité n’est toutefois pas exempte d’ambiguïtés puisqu’elle a également contribué à l’établissement de nouveaux cadres institutionnels qui ont pu susciter à leur tour, selon les périodes et les contextes locaux et nationaux, l’émergence de pratiques innovantes et de nouveaux impératifs pour l’action publique dans la réponse aux besoins des personnes (Lascoumes et LeGalès, 2018). Ce colloque vise à faire le point sur l’évolution et la configuration de ce Welfare Mix au Québec, en France et ailleurs suite aux diverses mesures, politiques et réformes adoptées par les différentes instances administratives et politiques pour favoriser le maintien dans la communauté des aînés et des autres publics ayant des besoins de soutien à l’autonomie.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 5 mai 2021

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