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Anaïs Bertrand Robitaille : Centre multiethnique de Québec
Le Mexique est emprunté chaque année par des milliers de migrants irréguliers désirant rejoindre les États-Unis. Ces migrants, provenant majoritairement d’Amérique Centrale, soit du Guatemala, du Honduras, et d’El Salvador, se retrouvent alors en migration de transit, c’est-à-dire en chemin, quelque part entre leur pays d’origine et leur destination finale. Les résultats présentés, qui proviennent d’une étude qualitative, inductive et exploratoire, documentent l’expérience de la migration de transit des Centraméricains au Mexique ainsi que leurs différents besoins (besoins ressentis, exprimés et normatifs). Des entretiens semi-dirigés ont été réalisés auprès de douze participants, soit quatre participants migrants honduriens et huit participants informateurs-clés. En transit sur le territoire mexicain, les migrants rencontrent plusieurs difficultés, dont la violation de leurs droits humains, alors que peu d’éléments facilitent leur passage. Conséquemment, les migrants centraméricains ressentent et expriment de nombreux besoins. Par ailleurs, plusieurs ressources d’aide humanitaire, actions gouvernementales, politiques sociales en matière d’aide aux migrants et aux réfugiés, ainsi que plusieurs changements macrosociaux manquent pour que soient assurés la sécurité, le bien-être et la dignité des migrants en transit au Mexique. Des recommandations sont proposées afin de réduire la vulnérabilité et la précarité des migrants centraméricains en migration de transit au Mexique.
Ce colloque vise un débat interdisciplinaire sur les questions touchant à l’état de santé et au bien-être des personnes réfugiées, des demandeurs d’asile et des sans-papiers, au Québec et ailleurs, ainsi qu’aux enjeux sociaux s’y rattachant. Il examine les stratégies que ces personnes mettent en œuvre de même que celles déployées par les professionnels au sein des organisations et des institutions pour favoriser leur intégration. Depuis de nombreuses décennies, le Québec accueille un nombre important de réfugiés. Ces dernières années, les demandeurs d’asile et les personnes sans statut sont en croissance sur le territoire. Leurs conditions sont particulièrement préoccupantes. D’une part, les demandeurs d’asile n’ont pas accès à l’éducation subventionnée, au soutien financier pour la francisation et à des soins de santé courants (MIDI, 2017). Leur situation sur le marché du travail est particulièrement précaire, d’autant plus qu’ils sont plus susceptibles de vivre « certaines formes d’exploitation au travail » (Arsenault, 2019). D’autre part, les personnes sans statut constituent un groupe de la population dont la situation est sous-documentée, du fait que leur présence sur le territoire n’est pas légalement reconnue. Quel que soit leur statut, il est démontré que le vécu et le parcours migratoire peuvent avoir un effet traumatique sur leur santé physique et psychologique, ce qui n’est pas sans conséquence sur le processus d’adaptation à la société d’accueil (Carlsson et Sonne, 2018). Par ailleurs, l’actuelle pandémie de COVID-19 n’est pas sans conséquence sur le parcours d’insertion de cette population particulièrement vulnérable, de même que pour les professionnels et les intervenants du réseau de la santé et des services sociaux. Enfin, bien que le ministère de l’Immigration ait récemment élargi les critères d’admissibilité à l’ensemble des services, il appert que les mandataires de ces services n’ont pas toujours les ressources humaines ni l’expertise nécessaires pour répondre aux besoins particuliers de cette population.
Titre du colloque :