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Pierre Vianin : Haute école pédagogique du Valais
La place de l’élève dans le processus d’aide est une question importante. L’enseignant spécialisé a longtemps considéré que le partenaire no 1 de l’intervention orthopédagogique était le titulaire. Or, c’est bien l’enfant qui doit être au cœur du processus d’aide – et donc en être l’acteur principal! Son engagement dans la démarche est une condition (probablement LA condition) de l’évolution favorable de la situation. Seul l’élève peut en effet expliquer à l’enseignant comment il comprend ses difficultés et quelles sont ses représentations des solutions à envisager pour les surmonter. Il s’agit donc de l’engager d’emblée comme le partenaire no 1 du projet, avant même le titulaire ou les parents. Dès le début du processus d’aide, l’élève doit passer du statut d’objet du signalement à celui de sujet du projet. Une recherche que nous avons menée en Valais (Suisse) a montré que près d’un tiers des enfants disent ne pas avoir été consultés lors de la prise de décision de la mesure d’appui (Vianin, 2012). L’enseignant sera donc attentif à associer l’élève au projet dès la phase d’évaluation diagnostique. Cette communication sera orientée vers la pratique orthopédagogique du conférencier. C’est en effet à partir de son expérience qu’il a été amené à donner une place de plus en plus importante à l’enfant. Le conférencier présentera les 5 étapes du Projet pédagogique individuel (PPI) en montrant quelle est – ou doit être – la place de l’élève dans le processus d’aide.
Il semble exister un certain dilemme chez plusieurs enseignants entre la place légitime que doit occuper le curriculum et celle de l’attention portée au bien-être des élèves (Morvan, 2015; Rousseau, 2013). À ce titre, la question du bien-être de l’élève à l’école connaît actuellement un véritable développement, aboutissant à la publication de nombreux travaux anglophones et francophones (p. ex. : Bradshaw, Keung, Rees et Goswami, 2011; Macro, Rambaud, Florin et Guimard, 2011; Rousseau, 2016; Rousseau et Espinosa, 2018). Les enfants passant une partie importante de leur vie à l’école, la qualité de l’expérience scolaire est essentielle pour le développement de leurs compétences sociales et de leurs capacités d’apprentissage. L’école, « comme lieu, ensemble de situations et de personnes » (Charlot, Bautier et Rochex, 1992, p. 29), devrait donc s’efforcer de garantir les conditions de bien-être de tous les élèves qu’elle accueille, et ainsi offrir un milieu sécuritaire, autodéterminant, accueillant et stimulant (Moldoveanu et Da Silveira, 2015), malgré la présence de situations familiales, économiques ou sociales compliquées (Espinosa, 2016), dans le but de favoriser le développement global et les apprentissages des enfants et des jeunes qui lui sont confiés. Si les enseignants s’entendent sur la complexité d’enseigner à une diversité d’élèves, l’équilibre entre le curriculum et le bien-être est difficile à trouver. Les moyens à mettre en œuvre font également défaut. Cette situation n’est pas sans lien avec l’utilisation ou non des connaissances issues de la recherche (CIR), un enjeu d’envergure en éducation (Brodeur, 2016). En réponse à ces préoccupations, ce colloque vise à dégager les CIR s’y rapportant autour de trois axes :
• la voix de l’enfant, du jeune, sur son expérience scolaire;
• la place de l’enfant, du jeune, dans la décision d’aide et l’aide elle-même;
• l’affectivité et les émotions de l’enfant, du jeune, qui influencent son expérience scolaire.
Ainsi, la place de l’enfant et du jeune de même que l’espace accordé à leur parole et à l’expression de leurs émotions participent à leur bien-être. Trop souvent, l’élève est considéré comme l’objet de l’enseignement de l’adulte, et non comme le sujet des apprentissages. Il s’agit donc d’articuler, à l’école, le projet de l’enseignant — défini dans le plan d’études — et les besoins de l’élève en tant que sujet apprenant.
Titre du colloque :