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La prise en charge familiale des personnes dépendantes en France : pratiques et vécus genrés ?

MB

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Maximiliaan Banens : Université Lumière Lyon 2

Résumé de la communication

Nul n’ignore que nos sociétés vieillissent : la part des personnes âgées augmente et avec elle les besoins de prise en charge. Il est moins connu que les personnes âgées, notamment les femmes, vivent plus souvent en couple et qu’elles ont moins souvent une descendance nombreuse. De plus en plus souvent un homme est appelé à prendre soin d’une conjointe ou d’un parent dépendant. Or, les hommes sont-ils capables et volontaires pour prendre en charge une conjointe ou parent dépendant ?

Avec Julie Thomas, Cécile Boukabza et Anne Marcellini, j’ai étudié la dimension genrée de la prise en charge familiale de la dépendance dans la France de 2015. La recherche fut qualitative (PEGASE, 2018) et quantitative (CARE, 2015). Nous avons trouvé que, si une personne dépendante vit en couple, le conjoint est son aidant principal et quasi exclusif, sans distinction de genre. Le vécu de l’aide en revanche est genré. L’homme aidant sa conjointe prolonge le rôle traditionnel de l’homme protégeant sa femme. La femme aidant son conjoint inverse les rôles. La première situation semble mieux vécue que la deuxième. Dans le cas où une personne dépendante n’a pas de conjoint, l’un des enfants est l’aidant principal, plus souvent une fille qu’un fils. La pratique est clairement genrée. Elle est aussi exclusive : l’égale répartition du care entre enfants semble rare, y compris dans les « sorories ». La monopolisation de l’aide semble la règle, que cela soit par le/la conjoint.e ou par l’un.e des enfants.

Résumé du colloque

Le concept du Welfare Mix a surgi au cours des années 1980 pour mettre en lumière l’apport des proches (familles, amis, voisinage), des entreprises du secteur marchand et des organismes du tiers secteur (économie sociale et solidaire et organismes communautaires) aux côtés des institutions du secteur public dans la transformation de l’État social (Evers et Wintersberger, 1990). Cette contribution des différents producteurs de services dans l'intervention de proximité et du maintien des personnes âgées dans la communauté a pris de l’ampleur depuis le début des années 2000 tant sur le plan du financement, que des modes de régulation et de la prestation des services. Dans un contexte de vieillissement accéléré de la population, cette mixité de ressources a fait surgir certains enjeux liés non seulement à la gratuité, l’universalité et la qualité des services, mais aussi à l’expression de différents registres de professionnalités au sein des équipes d’intervention (incluant l'éthique du care), à l’évolution du statut de certains prestataires de services, à l’expression des besoins des usagers ainsi qu’à la coconstruction des pratiques et des politiques structurant l’offre de services (Jetté et Lenzi, à paraître). Cette mixité n’est toutefois pas exempte d’ambiguïtés puisqu’elle a également contribué à l’établissement de nouveaux cadres institutionnels qui ont pu susciter à leur tour, selon les périodes et les contextes locaux et nationaux, l’émergence de pratiques innovantes et de nouveaux impératifs pour l’action publique dans la réponse aux besoins des personnes (Lascoumes et LeGalès, 2018). Ce colloque vise à faire le point sur l’évolution et la configuration de ce Welfare Mix au Québec, en France et ailleurs suite aux diverses mesures, politiques et réformes adoptées par les différentes instances administratives et politiques pour favoriser le maintien dans la communauté des aînés et des autres publics ayant des besoins de soutien à l’autonomie.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 5 mai 2021

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