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Assanti Olivier Kouassi : Université Alassane Ouattara
La Liberté et la citoyenneté sont devenues des entités inséparables de l’existence de l’individu, conditionnant indissolublement son existence politique à celle de l’État. Par la citoyenneté, l’individu parvient à assurer sa liberté en tant qu’entité incontournable dans la gouvernance de la chose publique. Est libre, donc, toute personne qui exerce pleinement son droit de citoyen.ne. S’il est vrai que la liberté ne peut se réduire absolument à la citoyenneté, dans nos États modernes, la citoyenneté est le moyen par lequel l’individu peut parvenir à exprimer pleinement sa liberté. C’est dire que la liberté et la citoyenneté sont des notions hautement nécessaires aux progrès social et politique. Si nos États africains sont en crise permanente, cela est dû fondamentalement au fait que la citoyenneté et la liberté ne s’y sont pas pleinement encore exprimées. La citoyenneté en Afrique ne favorise pas entièrement la liberté. La liberté et la citoyenneté ne sont pas encore intégrées dans les mœurs politiques, soit par la propension à l’autocratie des dirigeants, soit par nonchalance de la part de la population.
Le concept d’africanologie (Diakité, 2016) se définit, selon son concepteur, comme :
« Une discipline réflexive née de la jonction des sciences philosophiques, expérimentales, des cultures africaines, occidentales et des sciences humaines. Elle est un champ interdisciplinaire qui commence d’abord par la philosophie, passe de là aux sciences humaines et s’achève dans les sciences expérimentales. L’Africanologie est une tétraphilosophie; c’est-à-dire qu’elle est à la fois une géophilosophie, une historiophilosophie, une sociophilosophie et une médicophilosophie. Elle se définit donc comme une scientophilosophie, c’est-à-dire l’étude clinique, scientifique et philosophique de l’Afrique à partir de sa genèse et de son fonctionnement en tenant compte de son histoire, de ses cultures, de ses civilisations, de ses découvertes, de ses inventions et de ses pratiques. L’Africanologie est le gain de la symbiose des savoirs occidentaux et des savoirs endogènes africains. » (Diakité, 2018, p.122-123)
L’africanologie peut apparaître comme le résultat d’une volonté de reconstruction et de renaissance d’une société africaine à travers l’éveil des consciences.
Ainsi, à l’image de la négritude, l’africanologie se veut aujourd’hui la thérapeute de l’Afrique et des Africains, en vue de venir à bout des maux qui les rongent. À partir d’un diagnostic réaliste et objectif du mal africain, dénué de toute complaisance, l’africanologie se fait un devoir d’indiquer aux Africains les voies et les moyens susceptibles d’en venir à bout, et donc de créer les conditions de l’émergence, ultime étape vers le développement. Mais en réalité, l’africanologie est-elle susceptible d’influencer le destin de l’Afrique et des Africains, en leur donnant la possibilité de relever les défis du développement? Faut-il voir en l’africanologie un concept de trop au sein des études africaines? Sa démarche se démarque-t-elle des autres disciplines et autres doctrines vouées à l’Afrique? La révolution, sous-tendue par l’éveil des consciences qu’elle prône, ne présuppose-t-elle pas la mise en parallèle des perspectives exogènes et celles dites endogènes? Finalement, quelles peuvent être les forces et les faiblesses de l’africanologie, dans sa contribution à la marche de l’Afrique vers l’émergence, dans un contexte de mondialisation?
Ce colloque vise à faire l’état des lieux des études africaines contemporaines en général, et de l’africanologie en particulier, au regard des défis des temps nouveaux. Il se doit, pour y parvenir, de proposer une discussion critique autour du concept d’africanologie, c’est-à-dire en débattre l’opportunité du surgissement et en relever d’une part les forces et d’autre part les faiblesses, le tout dans une mise en parallèle avec d’autres disciplines, doctrines ou concepts en lien avec l’Afrique, et ce, dans le but de situer la contribution de l’africanologie dans le processus de développement de l’Afrique.
Titre du colloque :