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Saida Kacem : Université virtuelle de Tunis
L’objectif principal de cette recherche est de former les futurs enseignants à l’enseignement des questions socio-scientifiques (QSS) pour une éducation à la citoyenneté. Les QSS impliquent habituellement des aspects de pointe de la science (Kolstø, 2001) et sont informées par des données scientifiques, mais elles concernent aussi et sont influencées par des facteurs sociaux tels que les facteurs économiques, politiques, juridiques ou religieux (Barab, Sadler, Heiselt, Hickey, & Zuiker, 2007). A l’instar de Funtowicz & Ravetz (1992, 1993), nous pensons que ces questions appartiennent à la "Post-Normal-Science" caractérisée par un haut système d’incertitude, des enjeux importants et des prises de décision urgentes. La prise de décision sur ces questions nécessite une évaluation des risques (Ravetz, 1982). L'intégration du risque dans l'enseignement des sciences à l'école pose donc à la fois des défis et des opportunités aux professeurs de sciences : Christensen (2009), Ravetz (1997), Schenk et al. (2019). L’analyse des prises de décision après une formation socio-épistémologique et éthique de futurs enseignants sur des QSS relatives à la santé (le clonage thérapeutique, le bébé médicament et les oncosouris) a montré différents modèles de prise de décision sur le risque. L’inexactitude épistémique, l’incertitude, les engagements de valeurs, les considérations morales /éthiques et les croyances religieuses conditionnent ces prises de décisions.
Depuis les années 1990, une partie de la recherche internationale en éducation s’interroge sur ce que suppose, dans les pratiques d’éducation formelle et non formelle, la prise en charge de controverses socioscientifiques, en considérant notamment les questions de santé, d’environnement, de biodiversité et de développement durable.
Les questionnements ont porté en particulier sur : a) les défis à relever pour que l’enseignement des controverses trouve une place dans un enseignement traditionnellement tourné vers les savoirs stabilisés, notamment en classe de sciences; b) la diversité de significations associées au concept de controverse; c) la diversité et la complexité des savoirs en jeu (savoirs savants, savoirs éthiques, savoirs expérientiels, vernaculaires, etc.); d) des liens entre la problématisation induite par les controverses socioscientifiques, d’une part, et l’apprentissage de savoirs induits par l’argumentation, d’autre part; et e) l’importance d’autres éléments sociocognitifs (croyances, émotions, valeurs, champs d’intérêt, enjeux identitaires) qui contribuent à la construction des opinions et à l’exercice réel d’une citoyenneté scientifique.
Ces questionnements nécessitent aujourd’hui un partage des concepts et des résultats, mais également des méthodes éducatives, s’appuyant le plus possible sur des retours d’expériences à la fois pédagogiques, didactiques, sociologiques et communicationnelles.
Dix ans après l’ouvrage Enseigner les controverses de Virginie Albe (2009) et alors que Jean Simonneaux (2019) vient de coordonner un ouvrage sur la démarche d’enquête comme contribution à la didactique des questions socialement vives, ce colloque francophone international se propose de regrouper une partie des chercheurs et des éducateurs qui travaillent sur les enjeux, les défis et les méthodes liés au traitement de controverses socioscientifiques, quels que soient les contextes (éducation formelle ou non formelle) et l’âge des publics (enfants, adolescents, adultes).