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La soutenance de thèse, une « denrée symbolique » numérisable ? « Zoom » sur la désincarnation d’un rite académique majeur

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Pascal Lardellier : Université de Bourgogne

Résumé de la communication

La crise pandémique qui affecte notre époque a des conséquences symboliques très fortes dans maints registres. Ainsi dans la sphère académique, un rite d’une très haute intensité dramaturgique et à haute valeur symbolique, la soutenance de thèse a été de plus en plus contrainte de se dérouler en « semi-présentiel » voire en « distanciel intégral », « par la force des choses », parce que vint un moment où les soutenances devaient avoir lieu, pour ne pas pénaliser les candidat.e.s au grade. La question théorique qui sera traitée durant cette communication sera de savoir ce qu’on gagne, en quelque sorte, et ce qu’on perd, à cette désincarnation de la soutenance, pour cause de la Covid. Quels sont les méta-discours, les stratégies d’apparition à l’écran et d’occupation de l’espace numérique ? Comment une soutenance se préside-t-elle quand le jury est « présent in absentia », par la grâce de la technologie ? Et quels sont « malgré tout » leurs indices et signes de ritualisation ? On proposera une analyse comparative, se fondant sur notre propre expérience que l’on pourrait qualifier d’observation participante. Mais sera aussi prise en compte la répartition des rôles, les effets de mise en scène et de dramaturgie, dans une perspective goffmanienne. Sera aussi fait appel à des verbatim recueillis lors d’entretiens semi-directifs. La mise en perspective se fondera sur une attention scrupuleuse apportée à la littérature académique de référence sur ce domaine.

Résumé du colloque

La pandémie n’a pas provoqué seulement l’interruption de la vie sociale dans ses manifestations usuelles, ni seulement une concentration familiale, avec la réclusion et le confinement. La pandémie fonctionne comme un « révélateur » de la situation réelle de nos sociétés, du plan politique plus large à celui des convictions privées, comme les croyances religieuses. Les rites sont au cœur de processus à un double titre : en tant que pratiques sociales, les rites ont été interrompus, voire mis en pause; mais en tant que pratiques symboliques, leur fragilité et leur force, leur infirmité et leur utilité ont été mises au clair, notamment sur trois plans : celui de la relation entre le pur et l’impur qui caractérisait les sacrifices; celui du degré de définition et de délimitation des rites en tant que pratiques sociales et symboliques, c’est-à-dire, dans la terminologie de Victor Turner, l’aspect de la « liminalité »; et celui de l’horizon utopique et du sens du temps, comprimé dans une sorte de corrélation avec le confinement spatial. La pandémie a ainsi bouleversé des aspects rituels largement oubliés dans le contexte de la modernité et de la postmodernité. Cette situation oblige, par conséquent, à revenir sur ces dimensions d’un point de vue critique; un point de vue ethnologique, herméneutique (historique, socioreligieux) et symbolique.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 5 mai 2021

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