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Daniella Besse : Université Laval
Les déchets générés par la surconsommation de produits provenant de l’industrie de la mode sont issus d’une obsolescence perçue, soit le fait de remplacer un produit encore utilisable par un produit récent plus attirant. La mode étant ici un secteur intersectoriel évoluant sur un marché très compétitif où le modèle d’affaires n’a plus d'autre choix que de s'appuyer sur une accélération du cycle de vie de ses produits. Dans ce contexte, la présente étude s’intéresse au design pour la durabilité émotionnelle, qui vise la création d’un lien plus durable entre les consommateurs et les produits en revisitant les émotions et l’attachement comme une possibilité de défier l’obsolescence perçue. Les travaux évoquant le design pour la durabilité émotionnelle ne précisent cependant pas si cette notion s’intègre économiquement dans le modèle d’affaire des industries concernées. À partir d'une recherche-action, cette recherche vise donc à analyser la pertinence et la faisabilité d'intégrer le design émotionnel dans le monde de la pratique comme une alternative permettant de défier l'obsolescence perçue. Les résultats attendus permettront d’enrichir le corpus de connaissances par l’élaboration de recommandations touchant aussi bien le développement stratégique du modèle d’affaires des entreprises de la mode que les différentes étapes du processus de conception et de fabrication de produits.
Apparue aux États-Unis dans les années 1980, l’éthique du care est une manière de penser la morale fondée sur le souci des autres (sollicitude) et l’acte de « prendre soin » (Brugère, 2011). Fondée sur un sentiment de responsabilité à l’égard d’autrui et de ses besoins, elle concerne les tâches de soin impliquées dans les diverses formes de vulnérabilité (soin parental, traitement de la dépendance, travail social). Formulant à l’égard de la relation marchande une critique similaire à celle de la théorie du don, l’éthique du care postule qu’il existe une qualité morale dans l’acte d’aider les autres. Un premier rapprochement entre cette logique du care et la logique du design peut être observé dans le travail de Victor et Sylvia Margolin (2001). Inspiré du travail social, le « design social » selon eux vise la satisfaction des besoins des populations vulnérables ou marginalisées, comme celles à faibles revenus ou ayant des besoins particuliers en raison de leur âge, de leur santé ou de leur handicap. Cette approche pose les premières conditions d’un rapprochement entre l’acte de design et l’acte de soin. Ce colloque souhaite explorer le potentiel de cette idée et faire la lumière sur la pertinence de la théorie du care pour les disciplines du design. Peut-on considérer l’éthique du soin comme un modèle général pour le design? Par exemple, peut-on considérer qu’un petit objet électroménager comme Tero, qui transforme les résidus alimentaires des ménages en un fertilisant prêt à l’emploi, est le résultat d’un acte de design qui prend soin de notre environnement? Qu’est-ce que cela signifie de « prendre soin par le design »? Quelles approches théoriques, conceptuelles, méthodologiques et pratiques les enjeux de soin appellent-ils en design? Le design doit-il se limiter à prendre soin? Peut-il soigner ou sauver le monde? Pour Papanek (1971), on sait que le design est l’un des pires maux de la planète. Comment faire la part du soin et des « effets indésirables »?
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