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Alexandre Eyries : Université de Bourgogne
Dans cette intervention on se propose d’analyser la communication poli-tweet du Président de la République Française Emmanuel Macron en pleine crise sanitaire liée à la Covid-19 à l’aune d’une volonté permanente de réassurance adressée à la population française. Ce type de communication se manifeste par l’omniprésent appel à porter en toutes circonstances le masque (chirurgical, en tissu, lavable, etc…) érigé en bouclier permettant de tenir à distance le coronavirus et de le combattre efficacement. Cette injonction à porter le masque pour se protéger de la Covid-19 devient dans la stratégie communicationnelle du Chef de l’État français le levier d’une opération symbolique réussie de « purge des images » (L. Sfez). On se propose ainsi d’analyser dans un premier temps la figure du masque à la fois comme un topos rhétorique et comme un point d’ancrage sémiotique de la communication politique numérique du Président de la République puis, dans un second temps, de la confronter aux pratiques buissonnières et braconnières en matière de port du masque d’Emmanuel Macron lui-même dans l’espace public.
La pandémie n’a pas provoqué seulement l’interruption de la vie sociale dans ses manifestations usuelles, ni seulement une concentration familiale, avec la réclusion et le confinement. La pandémie fonctionne comme un « révélateur » de la situation réelle de nos sociétés, du plan politique plus large à celui des convictions privées, comme les croyances religieuses. Les rites sont au cœur de processus à un double titre : en tant que pratiques sociales, les rites ont été interrompus, voire mis en pause; mais en tant que pratiques symboliques, leur fragilité et leur force, leur infirmité et leur utilité ont été mises au clair, notamment sur trois plans : celui de la relation entre le pur et l’impur qui caractérisait les sacrifices; celui du degré de définition et de délimitation des rites en tant que pratiques sociales et symboliques, c’est-à-dire, dans la terminologie de Victor Turner, l’aspect de la « liminalité »; et celui de l’horizon utopique et du sens du temps, comprimé dans une sorte de corrélation avec le confinement spatial. La pandémie a ainsi bouleversé des aspects rituels largement oubliés dans le contexte de la modernité et de la postmodernité. Cette situation oblige, par conséquent, à revenir sur ces dimensions d’un point de vue critique; un point de vue ethnologique, herméneutique (historique, socioreligieux) et symbolique.
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